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Fondation Trésor Utrecht

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numéro 34, octobre 2011 (extrait)

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Hypsiboas boans
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De nouvelles espèces trouvées à Trésor

Vijko Lukkien

Lors des inventaires botaniques 2010, beaucoup d'espèces ont été découvertes, qui sont nouvelles pour notre Réserve, pour la Guyane et quelques-unes probablement aussi pour la science.
Dans Trésor Nieuws 32 (octobre 2010), Olivier Tostain (président de l'Association Trésor) écrivit déjà sur les premiers résultats de l'inventaire botanique des plantes ripicoles en bordure du fleuve Orapu (limite de la réserve) et de deux collines isolées des savanes de notre réserve.



1-Partie de la savane avec les collines isolées à droite en
haut, à l'ombre d'un nuage.


3-Astrocaryum rodreguiseii, une espèce de palmier rare.


4-Paypayrola confertiflora.


5-Heterotaxis villosa.


6-Pleurothallis aristata.


7-Bromelia agavifolia.


8-Une nouvelle espèce du genre Polygala.


9-Malanea martiana.


10-Himatanthus phagedaenicus.


12-Epidendrum linearidiforme.


13-Voyria aurantiaca.




Les recherches furent pilotées par Mme Renske Ek et effectuées par Olivier Tostain, par nos gardes forestiers Benoît (Ben) Villette et Jef Szpigel, et par Tanguy Deville, Guillaume Léotard et Vincent Pelletier.

Ce ne sont que de nouvelles espèces botaniques qui ont été repérées. Kévin Pineau (ornithologue et trésorier de l'Association Trésor) fit mention dans Trésor Nieuws 33 (avril 2011) de la découverte dans les savanes d'une espèce d'oiseau rare, le manakin noir. Ce manakin noir s'est avéré ne pas être seulement la première observation de l'espèce dans la réserve Trésor, mais en toute la Guyane française!


2-Anaphyllopsis americana, la plante
emblème de Trésor.
Cet été Renske Ek a conclu le rapport final richement illustré de la mission, intitulé: 'La forêt marécageuse et les collines isolées de la Réserve Trésor, Guyane-française.'(Ek et autres, 2011).

Ce rapport offre une mine d'information détaillée sur les résultats de la mission. Et en plus le rapport est accompagné d'un CD avec des photos magnifiques mises à la disposition par Olivier Tostain.

Comme Renske Ek indique dans son rapport final, cette mission botanique des forêts ripicoles le long de l'Orapu et des collines isolées (photo 1), peut être considérée comme la clôture d'un programme complet (faisant partie du plan de gestion de la réserve), où tous les types de végétation ont été soumis dès lors à une première étude.

Dans l'introduction du rapport elle indique que les forêts ripicoles couvrent plus de 30% de la superficie totale de la réserve (2464 hectares, sans compter les extensions ultérieures) et les collines isolées seulement 1,5%.

Une étude antérieure (Ek et autres 2000) avait déjà démontré que dans le type forestier de ces collines isolées il y a des espèces botaniques qu'on ne trouve pas ailleurs dans la réserve.

Avant la dernière mission, la forêt ripicole fut, en grande partie, du terrain encore inconnu. On savait déjà qu'elle est le biotope de la 'plante emblème' de la Fondation Trésor, l' Anaphyllopsis americana (photo 2).

L'équipe de mission, conduite par Olivier Tostain, a visité cinq fois en tout le terrain des recherches, à savoir aux mois de juin, août, septembre et décembre. Ainsi on a pu obtenir une notion assez complète des espèces présentes, et pendant la période de recherche 363 collectes de plantes ont été exécutées. 111 d'elles appartenaient à la famille des Orchidacées!

Jusqu'à présent cette étude a ajouté 101 nouvelles espèces à la liste totale d'espèces botaniques trouvées dans la réserve Trésor, ce qui fait que le compteur indique maintenant 1233.


Au moins 55 espèces de cette liste sont rares et/ou protégées ou endémiques (spécifiques d'une région délimitée relativement réduite et localisée).

Pas tout le matériel n'a pu être dénommé jusqu'à présent. C'est pourquoi nous pouvons nous y attendre que dans un avenir proche de nouvelles espèces seront ajoutées à la liste de Trésor.

En plus il est clair que chaque mission de recherche jusque maintenant a toujours résulté en beaucoup de nouvelles espèces pour notre réserve. Nous pouvons en conclure que la réserve Trésor n'est pas seulement très riche en espèces mais aussi que la liste des espèces n'est certainement pas encore complète.

Sur les collines isolées, l'équipe a rassemblé au total 98 collectes botaniques, parmi lesquelles du matériel de 50 représentantes de la famille des Orchidacées.

Parmi les espèces rares trouvées ici il y a une espèce de palmier rare, Astrocaryum rodreguiseii (photo 3) et une représentante, premièrement inconnue, de la famille des Violacées du genre Paypayrola aux fleurs quasi-blanches (photo 4). Après la parution du rapport d'étude, deux spécialistes ont pu la dénommer, il s'agit de Paypayrola confertiflora, une espèce certainement pas commune, mais déjà connue en Guyane.

Puis ont été trouvées: deux espèces d'orchidacées nouvelles pour la réserve: la rare Heterotaxis villosa (photo 5) et l'également belle Pleurothallis aristata (photo 6). Finalement on a pu établir la présence d'une Bromélie (Bromelia agavifolia), qui ne se trouve que dans une zone de diffusion très limitée en Guyane française. (photo 7).

Dans les forêts ripicoles le long du fleuve Orapu, l'équipe de recherche a trouvé plus de raretés, dont au moins une espèce du genre Polygala (polygales) très vraisemblablement nouvelle pour la science (photo 8).

En plus on a pu déterminer un nombre d'espèces pas seulement nouvelles pour la réserve Trésor, mais très probablement aussi pour la Guyane française et dans quelques cas même pour les trois Guyanes.

Ceci est vrai pour une représentante de la famille des Rubiacées (famille du Caféier), à savoir l'espèce Malanea martiana (photo 9).


11-Encyclia guianensis.

Dans les forêts ripicoles on a trouvé au moins trois espèces très vraisemblablement nouvelles pour la Guyane française. Il s'agit d'une représentante de la famille des Apocynacées, Himatanthus phagedaenicus (photo 10) et deux orchidées, Encyclia guianensis (photo 11) et Epidendrum linearidiforme (photo 12).

C'est très probablement la première photo prise d'un saprophyte (une plante sans chlorophylle qui se nourrit de moisissures), représentante de la famille des Gentianacées, à savoir la Voyria aurantiaca (photo 13).

Après coup nous pouvons dire que les résultats de cette mission ont ajouté beaucoup aux connaissances de la richesse botanique de la réserve Trésor et que Renske Ek et l'équipe d'Olivier Tostain ont fait un excellent travail.

Ref.: Ek, R.C., B.G. Bordenave, R. Sluiter & E.C. van der Knaap. 2000. The floristic composition and vegetation structure of the Trésor Reserve, French Guiana/ Inventaire de la composition floristique et de la stucture de la végétation de la Réserve Trésor, Guyane française. Internal report, Utrecht University.

Ek, R.C., O. Tostain, G. Léotard, V. Pelletier, T. Deville, B. Villette & J-F Szpigel. 2011. La forêt marécageuse et les collines isolées de la Réserve Trésor, Guyane française/ The swamp forest and isolated hills of the Trésor reserve, French Guiana. Internal report, Utrecht University.

Photos: Olivier Tostain et Vincent Pelletier
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Second inventaire ichtyologique sur la réserve Trésor

Benoît Villette, Hélène Guillen

En décembre 2009 avait eu lieu le premier inventaire ichtyologique sur le territoire de la réserve naturelle Trésor, qui avait permis de mettre en évidence la présence de 29 espèces de poissons.
Cette liste nous paraissant très incomplète aux vues d'autres inventaires réalisés dans des zones similaires, l'équipe de la réserve a souhaité renouveler l'étude pour compléter la liste des poissons.

Pendant sept jours, une équipe du bureau d'étude BIOTOPE menée par Frédéric Melki, ichtyologue spécialisé dans les poissons guyanais, a prospecté différents sites de la réserve en compagnies des gardes-animateurs.
Les sites retenus pour ce second inventaire sont ceux qui avaient été peu ou pas prospectés en 2009:

  • La zone avale des criques Favard et des savanes, en jonction directe avec l'Orapu. Ces portions de cours d'eau sont caractérisées par une eau profonde chargée en sédiment avec une grande quantité de substrat vaseux et sont fortement influencées par le balancement des marées.
  • La Crique Roche, une crique forestière formant un milieu très particulier fait d'une succession de «rapides» plus ou moins importants et de grandes vasques rocheuses. Avec sa roche latéritique affleurant, c'est un faciès rare dans la montagne de Kaw.
  • La Crique Favard, au niveau de sa jonction avec la piste d'accès au placer Trésor, soit nettement plus en amont de la zone prospectée en 2009. C'est une zone où confluent plusieurs petits ruisseaux et têtes de criques pour former un lit plus large.
Au total 52 espèces ont été identifiées au cours de cette mission. Plusieurs méthodes d'échantillonnage ont été entreprises pour collecter les informations. D'abord à la vue en dehors et sous l'eau à l'aide d'un masque, permettant un aperçu rapide des peuplements. Puis par des captures à l'épuisette, la nasse, au filet ou à la canne permettant la manipulation. Il existe en effet en Guyane des espèces très proches morphologiquement, et seul un examen minutieux des spécimens en main permet de les différentier.


Loricaridae (Ancistrus cf. leucostictus), poissons étranges souvent rencontrés dans les zones de rapides des criques et fleuves.


Remontée de l'Orapu pour rejoindre l'aval des criques de la réserve

Les plongées avec masques permettent d'identifier rapidement les espèces difficile à attrapper
Pour un inventaire complet, les prospections de nuit sont indispensables, car elles permettent d'observer les espèces nocturnes, telles que les Siluriformes (poissons-chats) ou les gymnotes, qui sont invisibles en journée.
La quasi-totalité des poissons capturés a été relâchée après identification. Seuls quelques-uns ont été conservés pour confirmer l'espèce.
En combinant avec les données de l'inventaire de décembre 2009, nous avons aujourd'hui un total de 54 espèces observées dans la réserve, ce qui représente un nombre très intéressant aux vues de la taille modeste des cours d'eau et la taille relativement petite du bassin versant des criques de Trésor.


Helogenes marmoratus, petit silure nocturne.

Patagaye (Hoplias malabaricus) capturé à la nasse, c'est un des principaux prédateurs des criques de la réserve.


Krobia aff. guianensis, Cichlidé endémique de Guyane.
à noter qu'au cours de l'inventaire une grande crevette, Macrobrachium carcinus, a été trouvée en grand nombre uniquement sur Crique Roche. Cette espèce, connue des Antilles et de quelques sites d'Amérique du Sud (entre Mexique et Brésil), est donnée pour la première fois en Guyane. Cette découverte montre la particularité de la crique Roche par rapport aux autres cours d'eau et témoigne aussi de l'excellente qualité des eaux de la zone. contenu

Les animations estivales

Hélène Guillen

Comme l'année dernière, l'association Trésor a sollicité des spécialistes pour offrir aux visiteurs de la Réserve une découverte différente de celle habituellement proposée par les gardes.
Cinq thèmes ont été abordés en juillet et août 2011.


Sortie avec Thomas Luglia..



Sortie avec Olivier Bruneaux.


Sortie avec Benoît Jambu.


Sortie avec Michel Boudry.


Sortie avec Marguerite Delaval.

Oiseaux
Le premier concernait la découverte des oiseaux. C'est Thomas Luglia, bénévole actif du GEPOG (Groupement d'étude et de protection des oiseaux de Guyane) qui a donc officié le premier en offrant une animation en trois temps, le samedi 23 juillet. L'accueil des participants était prévu dès 07h00 du matin afin de réaliser un point fixe d'observation des oiseaux depuis la terrasse de la maison de la nature à l'aide de longues-vues et de jumelles, d'où les Toucans, Caciques, Tangaras, Buse à queue noire, se sont laissés admirer.
Un café bien mérité et quelques gâteaux secs en guise de petit déjeuner ont agrémenté ces quelques observations. Ensuite, une petite projection a été présentée afin d'expliquer comment s'organise la communauté des oiseaux tropicaux dans les forêts humides, ainsi que les travaux spécifiques menés sur la réserve (notamment les STOC). Enfin, le traditionnel tour du sentier a permis aux participants d'observer quelques espèces de sous-bois.

Arbres et bois d'œvre
Le mercredi 27 Juillet, c'est Olivier Brunaux, Ingénieur à l'Office National des Forêts qui nous a proposé une visite commentée à la découverte des arbres et de leurs qualités en tant que bois d'œvre. Chacun a pu apprendre à reconnaître les signes distinctifs de quelques espèces, soit par l'écorce, soit par les fruits' et savoir si celle-ci était du bois précieux ou du bois aux qualités avérées. La balade a malheureusement été écourtée suite à une averse qui nous a obligés a regagner le confort du carbet.

Orientation en forêt
Pour le samedi 06 Août, Benoît Jambu, détenteur du certificat d'accompagnateur de randonnées pédestres, ainsi que les deux gardes de la réserve ont préparé une visite dédiée à l'orientation en forêt et à la préparation à la randonnée (comment bien utiliser une boussole, un GPS et bien remplir son sac de randonnée avant une petite expédition). Un jeu a spécialement été inventé pour l'occasion, utilisant un GPS pour retrouver par équipe quelques arbres étiquetés du sentier botanique, ou des figurines d'animaux préalablement installées sur le sentier. Les trois équipes constituées ont toutes réussies à retrouver leur trésor, parfois avec l'aide des accompagnateurs lorsque la précision des GPS laissait à désirer. Cette activité sera améliorée prochainement pour son côté ludique et proposée aux familles avec des enfants pour une découverte de la réserve originale.

Fougères
Le samedi 13 août, Michel Boudrie, spécialiste des ptéridophytes, a pour la deuxième année consécutive proposé une initiation à la découverte des fougères du sentier Trésor, des arborescentes aux plus petites, des terrestres aux épiphytes. Une Bolbitis semipinnatifida, grande fougère du sous-bois, nous a enchantés avec une magnifique fronde fertile alors que la majorité d'entre-elles étaient stériles. Cette balade est indéniablement la plus pointue offerte au grand public, qui n'a généralement pas l'occasion de découvrir des thèmes aussi spécialisés.

Petits animaux
La dernière sortie a eu lieu le vendredi 19 août et a mis à l'honneur les petits animaux de la réserve. Une visite nocturne a ainsi été organisée en deux temps: la première partie était assurée par Marguerite Delaval, spécialiste des chauves-souris et conservatrice de la réserve naturelle des Nouragues, la deuxième partie par Christian Marty, naturaliste pluridisciplinaire féru d'herpétologie et de l'étude des petits animaux dangereux de Guyane. Marguerite a commencé par présenter différentes espèces de chauve-souris illustrées par des portraits géants. Elle a poursuivi en montrant comment fonctionne une "bat-box", appareil permettant de transformer les ultra-sons émis par les chauves souris en fréquence audible pour l'oreille humaine. Après l'usage d'un logiciel de traitement des fréquences enregistrées, il est alors possible de déterminer les espèces ayant émis des cris. Ce type d'étude en est encore à ses prémices en Guyane: plus de cent espèces sont actuellement recensées et toutes n'ont pas encore leur attribution acoustique spécifique. Par la suite, quelques chauves-souris ont été montrées au public grâce à l'installation préalable d'un filet.
C'est ensuite Christian qui a pris le relais et les participants ont été invités à rechercher le long du sentier mygales, scorpions, amblypyges, scolopendres, amphibiens, lézards et serpents qui n'ont pas manqué de se faire photographier.

Ce programme de sorties a connu beaucoup de succès, chacun étant enchanté par les découvertes. Les intervenants ont participé à titre gracieux, nous les en remercions très sincèrement pour leur implication bénévole dans la vie de la réserve. contenu

Nouvelles de la forêt tropicale humide

Hélène Guillen


Plaquette d'information de Trésor
La Réserve Naturelle Trésor dispose enfin d'une plaquette de présentation afin d'informer le grand public de son existence. Pour cela, une aide financière nous a été apportée par le WWF Guyane dans le cadre de ses opérations d'appui et de valorisation des aires protégées du plateau des Guyanes. Il s'agit d'un document au format A4 plié en trois comprenant de nombreuses illustrations. Il révèle au public les informations essentielles pour découvrir la réserve: l'accès, le sentier botanique, les offres d'éducation à l'environnement de la réserve... C'est Kévin Pineau, ancien garde de la réserve et actuel trésorier de l'association qui a piloté ce projet, la conception de la plaquette ayant été confiée à Guillaume Feuillet, de Kayenstore.

Une voiture et un canot pour la réserve

Notre Partner Peugeot a rendu l'âme en cours d'année. Nous avons donc été obligés de remplacer le véhicule utilitaire de la réserve. Cela a été possible grâce à plusieurs dotations: celle du Conseil Régional de Guyane qui nous apporte cette année une aide conséquente à l'investissement ainsi que celle de la Fondation Trésor qui une fois de plus vient à notre rescousse à la moindre difficulté. C'est un Partner Peugeot nouvelle génération de couleur sable qui arbore déjà le logo de la réserve.
Tout récemment, nous avons également acquis des moyens nautiques pour assurer les missions de surveillance au sud de la réserve via la rivière Orapu, comme le plan de gestion de la réserve le prévoyait. Auparavant, nous empruntions systématiquement le matériel auprès de nos partenaires ce qui nous obligeait à planifier bien avant les missions. Aujourd'hui, la réserve est équipée d'un canot Pélican 3 places sur lequel un moteur 5Cv 4 temps Suzuki est installé. contenu

Etude complémentaire des stocks de carbone
dans la forêt tropicale humide

Ariane Laporte-Bisquet et Alexandra Mitsiou,
étudiantes Master de la Faculté Bêta (Biologie), Université d'Utrecht.

La Fondation Trésor a pour but de protéger les forêts tropicales humides sud-américaines et dans ce cadre elle supporte des projets concrets, comme la protection de la Réserve Naturelle Trésor sur la Montagne de Kaw, Guyane française. L'année passée la Fondation a soutenu aussi plusieurs études scientifiques, concernant la biodiversité présente et le cycle du carbone des forêts tropicales humides. Au sein de notre mastère à l'Université d'Utrecht, nous eûmes l'extraordinaire opportunité d'effectuer un projet d'étude avec la Réserve Naturelle Trésor en Guyane.
Nous sommes deux étudiantes Master internationales: Alexandra Mitsiou, de Grèce, fait des études d'Ecologie et Gestion des Ressources Naturelles et Ariane Laporte-Bisquit, de France, étudie le Développement Durable. Notre projet d'étude fut le deuxième pas du projet pionnier effectué en 2010 par deux étudiantes Master de l'Université d'Utrecht, Anna Duden et Ineke Roeling. Dans le numéro précédent de Trésor Nieuws (TN 33) vous en trouverez le rapport.


Ariane Laporte-Bisquit (à gauche) et Alexandra Mitsiou
mesurent le Diamètre à hauteur de poitrine (DPH) d'un arbre
dans la réserve Trésor.



Une partie de l'équipe: étudiantes et botanistes de CIRAD
devant le carbet de la Réserve Trésor. De gauche à droite:
Ariane Laporte-Bisquit, Pascal Petronelli, Petrus Naisso,
Alexandra Mitsiou.

Le but de notre projet était d'étudier les variations locales dans et l'effet de la coupe de bois sur la biomasse de surface et les stocks de carbone en Guyane. Ce but est étroitement lié à l'inquiétude internationale sur les émissions de CO2, causées par la déforestation et la dégradation forestière et les mesures imminentes pour les prévenir, résumées sous le sigle REDD (Reduced Emission (by avoided) Deforestation and Degradation). Le concept de REDD est de fournir des mesures financières de bonification afin d'aider les pays en voie de développement à protéger leurs forêts au lieu de les exploiter. Pour que le mécanisme REDD soit effectif, ce sera d'abord nécessaire d'évaluer avec précision les stocks de carbone présents dans la biomasse de surface des forêts tropicales humides. Notre projet d'étude a donc pour but de développer l'idée actuelle de deux facteurs qui influencent la biomasse de surface en Guyane: la variation locale en types forestiers et l'effet de la coupe de bois sélective dans les forêts existantes.

Pour ce projet d'étude nous avons fait des travaux sur le terrain pendant quatre mois (de février à mai 2011) sur la Montagne de Kaw, où est située aussi la réserve Trésor. Nous avons collaboré pendant cette période avec plusieurs organisations et centres de recherche en Guyane: l'Association Trésor, l'ONF, le CIRAD, EcoFoG et le WWF Guyane française. Lors de notre arrivée en février avec notre directeur de stage Vijko Lukkien, un accord fut signé entre ces parties afin de rendre officiel cet accord de coopération variée. Nous sommes très reconnaissantes pour toute l'aide et tout les conseils que nous avons reçus de ces organisations lors de l'exécution de notre projet d'étude. Nous fumes très impressionnées par leur engagement et par la bienveillance avec laquelle il nous ont aidées et nous ont fait participer à leurs connaissances, données et équipement.

Sur le conseil de CIRAD et d'EcoFoG nous avons utilisé la méthode adaptée Gentry plot pour la collecte des données d'évaluation des stocks de carbone. C'est une méthode selon laquelle des plots de forêt sur lesquelles s'effectuent les mesures sont tracés sur le terrain, d'une façon standardisée, (inclusivement suffisamment de répétitions). Des mesures ont été effectuées de la hauteur des arbres (dans les différents 'plots') ainsi que du diamètre à hauteur de poitrine (DHP). Et cela d'environ 3000 (!) arbres dans trois différentes locations forestières: la Réserve Trésor, une forêt primaire, et une partie de forêt coupée sélectivement sur une parcelle de l'ONF. Ces mesures ont été utilisées pour le calcul de la biomasse de surface et les stocks de carbone sur chaque location forestière.

Les résultats les plus importants de notre étude sont résumés dans les figures 1 et 2. En général, on a trouvé, en comparaison avec la forêt primaire ONF, des biomasses en surface plus grandes et par conséquent des stocks de carbone plus grands dans la Réserve Trésor, ce qui souligne une fois de plus la priorité de la conservation de la forêt de la Réserve Trésor (figure 1).


Figure 1: Biomasse de surface dans la Réserve Trésor, forêt primaire ONF et forêt abattue sélectivement ONF.
DAGB: Biomasse morte de surface; Lianes: biomasse de lianes; DBH (2,5 - 10); DHP (> 10): Biomasse de surface de grands arbres avec DPH > 10 cm.
Données: Duden & Roeling, 2010; Laporte-Bisquit & Mitsiou, 2011.

Les contributions les plus importantes aux stocks totaux de carbone sont fournies par les grands arbres d'un diamètre a hauteur de poitrine (DHP) plus grand ou égal a 10 cm. En plus fut démontré que les activités de coupe de bois influencent autant les stocks de carbone comme la structure forestière (figure 2). L'explication la plus importante de ce résultat de notre étude s'avéra être l'enlèvement de grands arbres par des activités d'abattage (figure 2). Finalement l'étude a démontré en relation avec la variation locale en types forestiers en Guyane que, bien que la biomasse de surface dans une certaine région varie, il n'y a pas de grandes différences entre les différentes locations forestières.


Figure 2: Effets de coupe sélective sur la structure en surface de la forêt. Données: Duden & Roeling, 2010 ; Laporte-Bisquit & Mitsiou.

Pendant notre travail sur le terrain sur la Montagne de Kaw, nous séjournâmes dans le bâtiment d'accueil de la Réserve Trésor avec les deux gardes forestiers Jef Szpigel et Benoît Villette. Jef et Ben participèrent à notre travail sur le terrain et nous aidèrent avec tous les affaires pratiques y liés. Ils n'ont pas seulement contribué beaucoup à la réalisation de notre étude, mais ils ont aussi partagé avec nous pendant tout notre séjour en Guyane leur passion pour la nature et le monde animal. Travailler dans la forêt tropicale humide fut une expérience impressionnante, sans parler des incommodités, comme travailler toute la journée sous la pluie tropicale avec des vêtements trempés. Nous avons eu la chance de voir des serpents et des singes lors de notre travail sur le terrain et d'expérimenter comment c'est de travailler dans une forêt tropicale humide entourées par des serpents et araignées des fois mortels, mais également par des grenouilles magnifiques et des arbres impressionnants.
Le séjour dans le carbet de la Réserve Trésor fut à la fois une aventure et une agréable expérience. Nous n'oublierons jamais les après-midis avec un 'ti-punch' (un drink local) après le travail voyant les perroquets et toucans nous survolant et les promenades nocturnes à la recherche de grenouilles et serpents avec Ben et Jef sous les cris des singes hurleurs. Nous eûmes la chance de rencontrer beaucoup d'animaux en état sauvage, comme plusieurs belles grenouilles, des caïmans, de petits singes comme le Samiri et le Tamarin, la fameuse Tortue luth et les serpents rares Anaconda et Boa constricteur. Rétrospectivement nous pouvons dire que la vie el le travail sur le terrain en Guyane furent une expérience captivante et une vraie aventure. Toutes les deux nous gardons des souvenirs extraordinaires de ce séjour étonnant de quatre mois en Guyane.

Finalement nous voulons remercier quelques personnes, qui ont contribué au succès de notre projet. D'abord nous remercions l'équipe de la Réserve Trésor et en particulier Hélène Guillen pour son soutien avec des choses pratiques et les deux gardes forestiers Ben et Jef pour les beaux moments passés avec eux et aussi pour leur soutien indispensable et leur compétence. Les gens de CIRAD, Christophe Baraloto et Lilian Blanc et aussi Pascal Petronelli et Petrus Naisso pour leur soutien précieux de notre projet d'étude. Stephan Guitet et Bernard Perrin de l'ONF pour partager les données et leur soutien pour notre étude. Et finalement nous remercions les organisations hollandaises qui nous ont soutenues financièrement (Van Eeden fonds, K.F.Hein, Alberta Menega et Miquel fonds) pour l'important soutien financier sans lequel ce projet d'étude n'aurait pas pu être réalisé. Et nous sommes très reconnaissantes à nos directeurs de stage Pita Verweij et Vijko Lukkien, pour leur soutien constant et leur aide pendant le projet.


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