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Fondation Trésor Utrecht

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numéro 33, avril 2011 (extrait)

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Au voyage des donateurs: 'Regardez, un paresseux!'
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Peperpot () est situé sur la rive droite du fleuve
Surinam dans le district Commewijne (jaune).

Le terrain à acquérir: 700 ha comme corridor vert.

Bref rapport de la visite de travail 2011

Vijko Lukkien et Pipasi Jeurissen  

Nous arrivons l'après-midi du 5 février à l'aéroport Pengel de Paramaribo avec les participants au voyage annuel des donateurs au Surinam et en Guyane française (Trésor). Notre chauffeur habituel du bus dit: c'est la première fois que vous n'arrivez pas sous la pluie mais sous le soleil au Surinam. En effet de la Hollande en hiver, nous nous retrouvons d'un coup en plein été avec des températures de 30 à 32ºC.

Par la suite on a constaté que les augures nous furent favorables. Pendant les trois semaines que nous passons au Surinam et en Guyane, il fait beau, avec des fois un peu de pluie et surtout beaucoup de soleil!

Peperpot
Avant le voyage, Dominiek Plouvier, directeur du WWF-Guyane, nous avait invités à connaitre un nouveau projet de conservation de la nature au Surinam, Peperpot. Ceci afin de partager nos expériences et connaissances du projet Trésor et de parler des possibilités d'une coopération future.
Dès le lendemain matin, après beaucoup d'œufs frits au petit-déjeuner, Michael Steeghs du WWF-Surinam nous vient chercher, Pipasi et moi, à 7 heures pour aller visiter le Peperpot Nature Parc, à environ 30 minutes de route depuis Paramaribo. Là nous sommes reçus par Michel Sjak-Shie et Ilonka N. Sjak-Shie, responsable et manager provisoire du nouveau projet.
Peperpot est une vieille plantation de café et cacao, située magnifiquement sur le fleuve Surinam. Depuis que dans les années soixante, la récolte de café et de cacao s'est arrêtée pour des raisons économiques, la nature a pris possession de cet endroit magnifique. Ainsi s'est créée une des régions les plus riches en oiseaux du Surinam. Nous sommes aussi surpris par les nombreux singes que nous rencontrons lors de la promenade.

Peperpot possède une richesse énorme en espèces d'oiseaux:

Pic rougeâtre (Veniliornis sanguineus)

Manakin auréole (Pipra aureola)

Grand Ibijau (Nyctibius grandis)
Photos Stichting Peperpot Natuurpark

Une très petite partie est maintenant protégée et on a l'intention d'étendre la région avec 700 hectares.
A courte distance de Paramaribo, on voudrait développer pour Peperpot Nature Park les programmes scolaires et éducatifs qui ont eu tant de succès à Trésor et qui ont contribué à la base sociale de la protection de la nature en Guyane.
En ce qui concerne les objectifs, il y a beaucoup de traits communs entre Trésor et Peperpot, qui peuvent former la base d'une coopération future et permettront de réaliser ailleurs l'idée de la protection de la nature, dont Trésor se charge déjà depuis 15 ans.
On convient que le 31 mars il y aura une visite en Hollande afin de discuter les possibilités de coopération.

L'éducation, notamment pour la jeunesse d'âge scolaire au Surinam, est un des objectifs principaux du projet Peperpot.
Photo Stichting Peperpot Natuurpark


Entretiens et réunions
Nous continuons notre voyage jusqu'à la frontière de la Guyane, où Benoît Villette (un de nos gardes forestiers) avec son père qui aussi rend une visite à Trésor, nous viendra chercher le lendemain matin, lundi, à St. Laurent.
Ce même jour arrivent, tard l'après-midi, Alexandra Mitsiou et Ariane Laporte-Bisquit de Paris. Les deux étudiantes Master à l'Université d'Utrecht feront des recherches sur le terrain pendant quatre mois à Trésor et dans la région voisine de Kaw sur les stocks de carbone dans la forêt. Ceci dans le cadre du programme Guiana Shield REDD et en continuation des recherches de l'année passée réalisées par Anna Duden et Ineke Roeling (sur le même sujet). Voyez pour plus de détails et résultats des premières recherches l'article dans ce numéro de Trésor Nieuws.
Les jours suivants se caractérisent par plusieurs entretiens et réunions avec des parties et personnes hétéroclites, toutes concernées par notre projet.

Sur deux points prépondérants de ces entretiens j'aimerais m'attarder plus amplement.
D'abord la signature, le 8 février, du projet de coopération concernant l'étude mentionnée des stocks de carbone et du cycle de carbone. Dans cette convention, le 'Convention-Cadre' 2011-2014, dans le cadre de REDD (Reduced Emission by (avoided) Deforestation and Degradation), l'ONF, l'Institut de recherches écologiques des forêts tropicales CIRAD/ECOFOG, WWF-France, l'Université d'Utrecht (y inclus l'Institut Copernicus) et la Fondation/Association Trésor s'engagent à réaliser conjointement ces recherches pendant quatre ans. Un résultat magnifique de la coopération déjà existante et une contribution valable à l'étude pour connaitre mieux le rôle des forêts tropicales dans notre climat mondial. Et! ces recherches sur le terrain sont financées en grande partie par nos collègues du WWF-France.

L'autre point culminant est la première réunion plus tard, le 21 février, du Comité Consultatif de Gestion de notre Réserve Naturelle Régionale (RNR) Trésor sous la présidence de Mme Hélène Sirder, du Conseil Régional.
En présence de presque 10 organisations de protection de la nature en Guyane, notre président de l'Association Trésor, M. Olivier Tostain, et notre conservatrice Mme Hélène Guillen, exposent deux présentations excellentes sur les activités et travaux de 2010 et les projets pour 2011, y inclus la présentation du budget 2011. On répond à maintes questions à la pleine satisfaction de la présidente et des organisations participantes à la réunion. Le résultat est que le budget n'est pas modifié, ce qui veut dire que les trois salaires de nos collaborateurs de l'Association Trésor seront payés par les autorités françaises à base d'un emploi statutaire.
Et ceci veut dire que votre fidèle soutien de donateur pendant les années passées est vu et monnayé par les autorités locales!!

Trésor
Jeudi 10 février nous visitons avec nos étudiantes (Alexandra et Ariane) et nos gardes forestiers (Ben et Jef) la réserve. C'est une journée magnifique. Deux aras volant à basse hauteur, nous souhaitent la bienvenue. Nous faisons une balade le long du sentier botanique de la réserve. Les héliconies sont en pleine floraison, toutes sortes de fruits se trouvent sur le sol forestier et pour la énième fois nous sommes accablés par la beauté pénétrante de ce magnifique bout de forêt humide.

Deux étudiantes Master recherchent
les stocks de carbone dans la forêt.


Alexandra Mitsiou de Grèce (à gauche) et Ariane Laporte-Bisquet de France sont toutes les deux des étudiantes Master à l'Université d'Utrecht.
Elles font pendant quatre mois en 2011 des recherches sous la direction de Pita Verweij et de Vijko Lukkien, dans le cadre du programma RED, sur les stocks de carbone dans les forêts primaires de la Région de Kaw et la Réserve Trésor.
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L'équipe de Trésor: Benoît Villette,
Hélène Guillen et Jean François Szpigel

Le plan d'action 2011

Hélène Guillen

Avec l'arrivée d'Hélène Guillen au poste de conservatrice fin 2010, l'équipe de la réserve s'est trouvée renforcée et réorganisée. Benoit et Jean François, les deux gardes-animateurs, sont dorénavant plus présents sur la réserve, et vont pouvoir se consacrer pleinement à la surveillance et aux activités d'éducation à l'environnement, pendant qu'Hélène s'occupe de la coordination, des aspects administratifs, des partenariats, et du budget. Avec cette nouvelle organisation, un plan d'action a été établi pour l'année à venir. Voici les principales activités prévues:


Le projet carbone
En 2010, la réserve Trésor a accueilli deux étudiantes de l'Université d'Utrecht pour travailler sur le stockage du carbone en forêt tropicale. Cette année, deux nouvelles étudiantes : Ariane et Alexandra, poursuivent ce travail. Une convention a été signée entre tous les organismes impliqués dans ce projet. Ainsi, le CIRAD, l'ONF, le WWF, l'Université d'Utrecht, la Fondation Trésor et l'Association Trésor vont mutualiser leurs moyens financiers et techniques pour mener à bien ce travail sur le long terme. Les études sur le stockage du carbone sont primordiales pour mettre en place des mesures visant à réduire le réchauffement climatique. C'est une belle opportunité pour Trésor que d'être un laboratoire pour ce sujet précurseur.

Signature de la convention. De gauche à droite, de face : Olivier Tostain, Pipasi Jeurissen,
Lilian Blanc (ECOFOG), Stéphane Guitet (ONF), Vijko Lukkien. De dos : Hélène Guillen,
Ariane Laporte, Alexandra Mitsiou

Trésor Président du Conservatoire des Espaces Naturels de Guyane
Le Conservatoire des Espaces Naturels de Guyane (CENG) a été créé en 2008 pour regrouper les gestionnaires des espaces protégés de Guyane. Le GEPOG, Groupe d'Etude et de Protection des Oiseaux de Guyane et gestionnaire de la Réserve Naturelle Nationale du Grand Connétable, en assurait la Présidence en 2010. Pour 2011, c'est l'Association Réserve Naturelle Trésor qui s'en chargera. Communication, mutualisation des moyens font partie des actions mises en place par le CENG, qui est encore une jeune structure qui demande à se développer.

Etiquettes le long du sentier
Les étiquettes disposées le long du sentier pour identifier les espèces sont en très mauvais état, et une subvention de la Région Guyane, de la Fondation du Patrimoine et de la Fondation EDF Diversiterre va permettre de les renouveler. Environ 150 espèces seront étiquetées, et leurs caractéristiques seront illustrées (fruit, graine, utilisation en pharmacopée?).  Pour compléter ces informations, quatre panneaux seront accrochés dans les carbets à l'entrée et au milieu du sentier botanique, abordant l'écologie de la forêt tropicale.

Les études scientifiques
  • Cette année, il est prévu de réaliser un deuxième inventaire ichtyologique, afin de compléter celui réalisé en 2009. Nous espérons que ces nouvelles prospections donneront lieu à de belles découvertes.
  • Les Indices Kilométriques d'Abondance seront conduits pour la deuxième fois à Trésor, dans le but d'estimer l'abondance des espèces chassables dans la réserve.
  • Le suivi de l'abondance des Dendrobates le long du sentier botanique sera aussi complété cette année.
  • Enfin, il est prévu de démarrer une étude sur la saisonnalité des micromammifères. Pour cela, l'équipe organisera une semaine de piégeage tous les trois mois, et ce pendant deux à trois ans. Bien que le taux de capture de ces espèces discrètes soit faible, nous espérons faire d'intéressantes rencontres. Les petits mammifères (rongeurs et opossums) de Guyane sont encore mal connus et les résultats de cette étude contribueront à améliorer notre connaissance de leur biologie.

Les actions d'éducation à l'environnement
Chaque dernier samedi du mois, les visiteurs peuvent prendre part à une visite du sentier botanique accompagnée d'un garde. Des visites supplémentaires sont prévues durant les vacances scolaires.

Les visites guidées du sentier botanique rencontrent un franc succès. Chaque mois, une
quinzaine de personnes en bénéficie.
L'équipe de la réserve sera de nouveau présente lors des évènements portant sur l'environnement en Guyane, tels que Fréquence Grenouille, la Semaine du Développement Durable et la Fête de la Nature.

Grace à un financement de la Fondation Remco Maas Geesteranus, des maquettes d'animaux seront réalisées pour illustrer l'arbre pédagogique du carbet. Cette exposition sera complétée par un jeu pédagogique sur les Dendrobates.
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Ineke Roeling (à g.) et Anna Duden

La mesure des stocks de carbone à Trésor et environs: les résultats

Anna Duden et Ineke Roeling

La réserve naturelle de la Fondation Trésor se prête très bien à toutes sortes de recherches scientifiques. En tant qu'étudiantes 'Ecology and Natural Resource Management', nous deux, Anna Duden et Ineke Roeling, nous avons pu étudier en 2010, pendant 3 mois, les stocks de carbone dans les forêts tropicales dans et autour de la réserve Trésor. Dans Trésor Nieuws 32 (octobre 2010) vous avez pu lire déjà sur nos expériences, maintenant nous vous mettons au courant des résultats de notre étude. Vijko Lukkien (Département de Biologie) et Pita Verweij (Institut Copernicus) dirigent les recherches.

Pourquoi estimer les stocks de carbone?

Romain Taravella marque un arbre

Ineke et Anna en action

Nous n´avons pas mesuré cet arbre

Le début d'un arbre géant
Photos: Anna Duden, Ineke Roeling
et Romain Taravella
D'après les estimations, 12 à 20 % des émissions annuelles et mondiales de CO2 est dû à l'abattage et à la dégradation des forêts tropicales. La prévention de l'abattage et dégradation des forêts peut donc produire une baisse énorme de l'émission annuelle de carbone. C'est aussi l'idée derrière REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation): les propriétaires et gestionnaires reçoivent de l'argent des pollueurs de CO2 (des pays riches, de grandes entreprises) afin de limiter ou de prévenir des dommages à leurs forêts et d'éviter ainsi les émissions de CO2. L'argent est une compensation pour les revenus non obtenus de l'abattage d'arbres ou de l'agriculture. Pour que REDD soit un succès, des estimations exactes des stocks de carbone sont indispensables: puisque la quantité nette de carbone conservé détermine la somme à recevoir. Il est aussi important de savoir si les objectifs mondiaux et nationaux de réduction des émissions sont atteints.

Comment mesurer le carbone?
Des recherches scientifiques ont indiqué que 50% de la biomasse des arbres tropicaux consiste en carbone. L'étude s'est concentrée sur la définition du poids de surface d'arbres individuels. Le poids d'un arbre est simple à calculer à l'aide d'une formule mathématique. On met dans la formule le diamètre de l'arbre (mesuré à 1.30 m du sol), et le poids de l'arbre en est le résultat. Il y a plusieurs formules mathématiques: les formules un peu plus précises n'utilisent pas seulement le diamètre, mais aussi la hauteur de l'arbre et/ou la densité du bois spécifique à l'espèce.

Notre étude
L'objectif de notre étude était de répondre à plusieurs questions: quelle est l'influence de l' activité humaine (présence d'un chemin à travers la forêt, coupe de bois commerciale, protection de la nature) sur les stocks de carbone d'une forêt? Quel est l'effet des différentes formules (exactes et inexactes) mathématiques sur les résultats de l'étude?

Pour répondre à ces questions nous avons mesuré quatre transects, dans la réserve Trésor et dans la forêt voisine de l'ONF. Un transect est une ligne droite de presque 200 mètres. De part et d'autre de cette ligne il y a, alternativement, au total dix petits rectangles de 0,05 ha chacun. De tous les arbres avec un diamètre de plus de 2,5 cm - morts et vivants - dans ces transects, nous avons mesuré le diamètre et la hauteur (au total plus de 6000 arbres). Le diamètre a été mesuré avec un mètre à ruban autour de l'arbre, la hauteur a été mesuré avec un pistolet laser spécial. Un avantage de tracer des transects est que la partie mesurée de la forêt se répand sur une grande superficie, ce qui fait que l'étude a plus de variation naturelle.

Les résultats
Les calculs montrent que les formules mathématiques différentes donnent en effet un autre poids pour un arbre. Il n'y a que deux formules (des six que nous avons examinées) qui donnent le même résultat pour le poids. Nous avons choisi de faire tous les calculs avec la formule qui utilise le DBH et la hauteur, parce que cette formule se base sur plusieurs paramètres et est pour autant plus fiable. La densité du bois de beaucoup d'espèces n'était pas connue.

On trouve une différence évidente de structure entre forêt coupée et non coupée: dans les zones coupées il y a plus d'arbres, mais plus bas et plus minces, tandis qu'il y a dans les zones non coupées moins d'arbres, mais plus hauts et plus gros. Vu que la forêt coupée a plus d'arbres plus petits, il est possible qu'il y ait eu une compensation pour l'abattage d'arbres d'il y a 20 ans: il n'y a pas de différence significative entre forêt coupée et non coupée. Il se peut pourtant que dans l'avenir on puisse établir des différences significatives, si des données de plus de transects sont disponibles.

L'effet du chemin était moins important qu'attendu. Si l'on entre du chemin tout droit dans le bois, après 30 mètres de marche la quantité totale de carbone est déjà comparable avec la quantité de carbone de forêt intacte (protégée). La quantité de carbone des gros arbres (avec un diamètre de 70 cm ou plus) n'est par contre qu'après 75 mètres au niveau de forêt intacte. Nous ne savons pas encore exactement pourquoi.

Et maintenant qu'est-ce qu'il va passer?
L'étude que nous avons faite n'a pris que trois mois et se concentra surtout sur le carbone. Lors de ces trois mois nous n'avons pu faire que des mesures limitées, c'est pourquoi de l'information supplémentaire pour étayer nos constatations est nécessaire. Il est évidemment très concevable que la coupe de bois et la prévention d'un chemin aient une grande influence sur d'autres facteurs qui sont importants pour la forêt, par exemple la biodiversité. C'est pourquoi plus d'études sont indispensables. Cette étude n'était que le début d'un projet pluriannuel, les étudiantes Ariane La Porte-Bisquet et Alexandra Mitsiou s'occupent déjà de la continuation du projet.

Merci!
Beaucoup d'organisations nous ont aidées, nous les remercions (encore une fois): l'équipe de Trésor, l'Université des Antilles et de la Guyane, le WWF Guyane française, l'ONF et l'institut de recherche ECOFOG.
Nous remercions aussi la Fondation Van Eeden-fonds, le K.F. Hein-fonds, la Fondation FONA et le Miquel-fonds pour le soutien financier de cette étude. Nous remercions toutes les organisations pour leur confiance en nous et nous espérons que nos résultats contribueront au développement des initiatives REDD.
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Nouvelles de la forêt tropicale humide

Hélène Guillen

Premier comité consultatif de gestion
Le premier comité consultatif de gestion de la réserve, présidé par Madame Hélène SIRDER, a eu lieu le 21 février dernier. Olivier Tostain, le Président de l'Association Trésor, et Hélène Guillen, la conservatrice, ont présenté la Réserve, le plan de gestion 2008-2012 et les actions prévues pour 2011. Un deuxième comité de gestion est prévu courant 2011.

De g. à d.: Matthieu Entraygues, Conservatoire du Littoral; Pascal Gombauld et Laurent Garnier, Parc Naturel Régional.

Laurent Kelle, WWF, Léon Razafindrakoto, conservateur de la Réserve de Kaw et Nyls de Pracontal, GEPOG.

Hélène Guillen, conservatrice de la Réserve Trésor, Hélène Sirder, Présidente du Comité de Gestion, Vijko Lukkien et Pipasi Jeurissen de la Fondation Trésor.

Le voyage des donateurs 2011
Cette année, 28 donateurs de la Fondation Trésor ont visité la Guyane. Leur passage à Trésor, bien que pluvieux, s'est parfaitement déroulé. Plages d'Awala Yalipamo, Iles du Salut, Marais de Kaw, sentier du Rorota... et bien sur Trésor, le programme était chargé !

Des paresseux au sentier du Rorota.

Au Marais du Kaw.

Un 'totem' au sentier botanique de Trésor.

Un prince à Trésor!!
Le 10 mars, Trésor a eu l'honneur de recevoir son Altesse Royale le Prince consort Henrick, Président du WWF Danemark. Le prince et une vingtaine de donateurs du WWF Danemark ont passé une semaine en Guyane pour y découvrir le travail du WWF local. Après avoir visité la réserve de l'Amana et les Iles du Salut, c'est sous une pluie battante qu'ils ont pu découvrir la forêt tropicale sur le sentier botanique de Trésor, accompagnés de l'équipe de la réserve. Le boa constrictor capturé la veille a ravi le prince, tout comme une grosse femelle de crapaud buffle croisée sur le sentier.


Le prince et le crapaud buffle. Sous la pluie, le prince et les donateurs ont découvert le sentier botanique et les trésors
de la réserve.
De g. à d.: Hélène Guillen, conservatrice de la réserve Trésor; Laurent Razafindrakoto, conservateur de la Réserve de Kaw; Justin Anatole, maire de Régina et Président de l'AGEP ; Jean François Szpigel, garde animateur à Trésor; Laurent Kelle, Directeur du WWF Guyane; Son Altesse Royale le Prince consort Henrick; Olivier Tostain, Président de l'Association Trésor; Benoit Villette, garde animateur à Trésor; Romain Taravella, WWF Guyane; Luciana Aliker, RNF.

L'exposition du carbet est finie!
Le projet d'exposition financé par la Fondation Nicolas Hulot a été terminé en début d'année. Les huit panneaux sont dorénavant installés dans le carbet. Les totems disposés le long du sentier ont été reproduits sur support bâché afin de pouvoir être transportés et utilisés lors d'animations en classe ou d'expositions itinérantes.
Panneaux d'information, arbre pédagogique, photographies de la faune, exposition sur les graines et
arbre pédagogique constituent l'équipement muséographique du carbet, qui se complète d'année en année.

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Expédition 'Manakin noir' sur les savanes Trésor

Kévin Pineau


Manakin noir
Photo Olivier Tostain
Les manakins sont des petits oiseaux communs du sous-bois des forêts tropicales. Ils présentent pour la plupart des nuances de couleurs vives chez les mâles alors que les femelles sont généralement verdâtres. Une particularité originale de ce groupe est révélée lorsque les mâles se regroupent sur des sites spécifiques, les leks, où ils réalisent de véritables danses complexes en jouant sur les jeux de lumière grâce à leur couleur dans le but de séduire une femelle.

La réserve naturelle régionale Trésor abrite à ce jour 8 des 10 espèces de manakins présents en Guyane dont le méconnu Manakin noir (Xenopipo atronitens).
Cette espèce est répartie ponctuellement en Amazonie dans les zones forestières basses et denses notamment près des savanes. C'est aussi ce type de milieux que l'on retrouve autour des savanes Trésor

Aperçu pour la première fois par Tanguy Deville il y a quelques années dans la jonction entre deux savanes incluses, l'espèce n'avait plu été observée jusqu'à mai 2009. Une session de capture avait été menée par Kévin Pineau pour tenter de confirmer la présence du manakin noir sur les savanes Trésor en capturant un spécimen. Quelques filets avaient été placés sur la savane en lisières des zones forestières. Un seul spécimen mâle, mais au combien important, a été capturé. Il s'agissait de la première donnée officielle de l'espèce pour la Guyane! Après une série de mesure, l'oiseau a été bagué puis relâché.

Le Week End du 16 et 17 octobre derniers une équipe composée de Benoît Villette garde animateur de la réserve, de Thomas Luglia et Jean-Luc Sibille ornithologues bagueurs membre du GEPOG (Groupe d' Etude et de Protection des Oiseaux de Guyane) s'est rendue aux savanes dans le but de recueillir des données supplémentaires sur l'espèce mais aussi sur le peuplement ornithologique des savanes Trésor.
Dix filets ont été étendus autour de la zone où les manakins avaient été vus ou capturés.
Au final deux manakins noirs adultes ont été attrapés et un autre aperçu se déplaçant entre les bosquets de clusiacées et de palmiers épineux Bactris campestris. Parmi ces deux captures, il est intéressant de noter que le spécimen bagué en 2009 a été repris plus d'un an après lors de cette session!
Ces spécimens auxquels s'ajoute une jeune femelle capturée lors de la dernière session du STOC Trésor en juin, constituent les uniques données confirmées de Manakin noir en Guyane! De plus cette espèce reste très méconnue en particulier au niveau de son écologie et de sa reproduction. Un programme sur la réserve Trésor serait à affiner et pourrait permettre de l'étudier plus en détail, chose quasi inédite en Amazonie.
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Photo Eric Augusteijn

Vijko Lukkien: 'Je suis ravi d'avoir pu remplir tant de monde d'enthousiasme pour Trésor'

Interview par Eric Augusteijn

Vijko Lukkien est né à Groningen en 1949, il passa sa jeunesse à Zoutkamp et séjourna souvent chez sa famille sur l'île de Schiermonnikoog. Il était un enfant de la nature, habituellement dehors, et le dimanche matin il écoutait fasciné les conférences radiodiffusées du Dr. Fop I. Brouwer, sur 'Ce qui vit et pousse et nous fascine toujours'. A l'âge de sept ans, Vijko savait déjà que, quand il serait grand, il étudierait la biologie ou quelque chose sur les jardins.

Quand Vijko a quelque chose en tête, il le fait. Après l'école secondaire, il fit des études à l'école supérieure professionnelle d'horticulture d'Utrecht et après cela il fit des études de biologie à l'université de la même ville. A l'université il est chez lui. Après avoir terminé ses études, il s'y mit au travail comme étudiant-assistant dans les Jardins Botaniques, quelques années plus tard il y devint directeur. Jusqu'à 1998. Ensuite il devint professeur de faculté. Actuellement il enseigne la Botanique générale et la Biodiversité et d'ici peu il mettra en route de nouveaux cours de Gestion de la nature, Diversité botanique et Durabilité. Il est en outre initiateur et responsable du projet Trésor et il coordonne et guide les études des étudiants Master dans la région.
Vijko habite avec sa femme Pipasi en partie sur Schiermonnikoog où il a acquis une maison de l'héritage de sa famille et en partie à Utrecht. Pour l'interview il s'est rendu, spécialement pour moi, à Schiermonnikoog. C'est difficile de faire parler Vijko de soi-même. Après quelques questions il ne s'agit plus que de son grand amour (à côté de Pipasi): Trésor. Et l'histoire de Trésor est au fond la véritable histoire de Vijko Lukkien.

Vijko : 'Dans la période où j'étais directeur des Jardins, - en 1992 -, naquit l'idée de Trésor. Je travaillais alors au sein d'un réseau européen de jardins botaniques sous le drapeau de Botanic Gardens Conservation International à Londres, et je m'occupais de la question: Comment pourront des centres de connaissances comme les jardins se dévouer à la protection des plantes menacées?'Dans ce cadre j'assistai à un grand congrès à Rio de Janeiro, un an après la grande conférence sur la biodiversité.

Des petits déjeuners américains
'J'ai fait alors une excursion au Pantanal, la zone naturelle de l'autre côté du Brésil, et là j'eus l'idée qu'on devrait faire plus pour la conservation de la forêt tropicale. De retour en Hollande je demandai au Conseil de l'Université d'être hôte pour quelques 'petits déjeuners américains', qui seraient organisés dans la serre tropicale avec des directeurs d'entreprises, afin de les inciter à entreprendre quelque chose conjointement avec l'Herbier et les Jardins Botaniques de l'Université, contre la perte d'écosystèmes et donc d'espèces de plantes et d'animaux, surtout en Amérique du Sud, la région dans laquelle l'Herbier d'Utrecht s'est spécialisé.
Inspiré par un projet que j'avais vu sur l'Ile de la Réunion, où un jardin botanique français avait aménagé un jardin satellite, où l'on cultivait des espèces de plantes menacées pour les replanter dans la nature et ainsi rétablir la nature, je songeais à faire quelque chose dans ce genre en Amérique du Sud. Pendant les petits déjeuners américains j'entrai en contact avec Frans de Ruiter, à l'époque directeur de l'entreprise de production d'énergie UNA, qui savait comment persuader des entreprises à se lancer dans ce genre de projets. Et puis Aart de Lang, du service communication de Bioharma SARL des produits Dr Vogel, me contacta: Bioharma utilise des plantes mais veut faire quelque chose en retour et contribuer à la conservation des plantes.'

Guyane française
'De Hans Pfeiffer, à l'époque président de la Fondation Amis des Jardins Botaniques de l'Université d'Utrecht, j'appris d'un certain Joep Moonen, propriétaire de l'écocentre Emerald Jungle en Guyane française, qui propageait depuis deux ans le projet d'acquérir un grand terrain dans la région de Kaw de l'Eglise catholique, afin de le gérer comme zone naturelle.
Tous les ingrédients de base y étaient et j'invitai Joep Moonen à un des petits déjeuners pour y présenter son projet.
Frans de Ruiter sut rassembler des fonds des entreprises, mettant à disposition lui-même cent mille florins en lançant des regards interrogatifs autour de soi. Bioharma s'exécuta avec une contribution de cent mille florins par an pendant cinq ans et le Conseil de l'Université se porta garant de l'emprunt du restant de la somme, au total 1,6 millions de florins. Le marché fut conclu, la Fondation Trésor fut créée et dans mon enthousiasme juvénile je priai le Conseil de téléphoner Ed Nijpels (ancien ministre hollandais) et de lui demander s'il voulait devenir le premier président, ce qu'il fit effectivement.'

Les premiers donateurs
La première chose à faire fut de solliciter en France le statut de Réserve Naturelle Volontaire pour le terrain et de demander exonération d'impôts fonciers. Cela alla sans problèmes. Frans de Ruiter arrangea qu'on m'invitât à donner une conférence à l'occasion de l'inauguration de la centrale de Diemen, où il offrit à tous les invités, parmi lesquels se trouvait le prince Willem Alexander, dix mètres carrés de Trésor. C'était le début de notre groupe de donateurs, qui a grandi constamment et qui nous a appuyés de façon inimitable.
Jusqu'à présent le Conseil m'a déchargé d'autres tâches universitaires pendant un jour par semaine pour faire le travail de Trésor et de ce fait j'ai pu m'occuper du secrétariat du conseil d'administration de la fondation et de la direction du projet. En Guyane nous avons établi l'Association Trésor pour y avoir une organisation sur place, Joep Moonen fut notre premier conservateur, puis Olivier Tostain et maintenant c'est Hélène Guillen. Tout le travail se faisait à titre gracieux , mais depuis l'attribution récente du statut de Réserve Naturelle Régionale, les autorités françaises locales participent aussi au projet en nous avons maintenant trois employés salariés, payés par les autorités françaises.'

Je ne l'ai pas fait tout seul
'On dirait peut-être que j'ai tout fait tout seul et que tout tourne autour de moi, mais j'insiste que rien n'aurait été accompli sans Pipasi qui m'a aidé pendant 8 ans pratiquement tous les jours, elle a démissionné de son emploi afin de pouvoir travailler bénévolement pour Trésor. Sans cette combinaison Trésor ne serait pas devenu ce qu'il est maintenant. Je me félicite d'avoir pu remplir tant de monde d'enthousiasme pour Trésor, tous ces donateurs, les traducteurs, le webmaster, le conseil de l'association des biologistes. Moi, j'ai surtout un rôle de coordinateur, je prépare les réunions, j'accompagne les voyages des donateurs et je rend des visites de travail en Guyane. Les deux dernières activités, nous les combinons, ce qui entraine une sérieuse économie. C'est caractéristique pour Trésor: chaque euro va à Trésor et cela est possible parce que l'Université ne me paie pas seulement mon salaire, mais elle porte aussi les frais d'impression et d'envoi de Trésor Nieuws. Ce n'est pas une petite contribution pour une Université qui doit économiser déjà depuis des années.'

Tu travailles déjà plus de 15 ans au projet, vas-tu continuer avec Trésor ?
Vijko: Une telle question est vraiment difficile. Trésor est pour moi comme un enfant: qu'on ne lâche jamais, seulement la relation change, et ce sera sûrement le cas quand, dans quelques ans, je parte à la retraite.

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