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numéro 32, octobre 2010 (extrait)

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Des pièges photos à Trésor

Sébastien Barrioz et Jean-François Szpigel

Rappelez-vous, dans le site internet "Tresorrainforest", nous vous avions annoncé cette opération conduite par l'Association Kwata. En 2009, cette association d'étude et de protection de la nature avait choisi la montagne de Kaw comme terrain d'étude pour son programme SPECIES (Suivi des Populations des Espèces Charismatiques d'Intérêt Ecologique et Scientifique).


Tapir (Tapirus terrestris)


Ocelot (Felis pardalis)


Hocco (Crax alector)


Pakira (Tayassu tajacu)


Pian à oreilles blanches (Didelphis imperfecta)
KWATA/WWF:
Programme d'étude SPECIES 2009
La méthode
Ce programme qui reçoit des financements européens et nationaux, est porté par le WWF, l'association Kwata en est le maître d'oeuvre. Techniquement, plusieurs pièges photographiques ont été installés pour prioritairement étudier le Jaguar (Panthera onca). Ceux-ci sont disposés à des endroits clés distants les uns des autres de telle sorte qu'un même jaguar ne puisse pas déclencher deux pièges au cours d'une même journée. La distance les séparant est d'environ 2 à 3 Km. La robe de chaque félin présentant des motifs propres, l'analyse fine des photographies permet de différencier chaque individu. Avec le temps, il devient possible de suivre le parcours d'un même individu si celui-ci actionne diverses stations, une estimation du nombre d'individus différents fréquentant la zone et bien d'autres résultats écologiques.

Au total, une quinzaine de stations-pièges a été installée sur le massif forestier de Kaw. Trois étaient compris dans la réserve naturelle Trésor. Le protocole de piégeage photographique mis en place par l'association Kwata était clairement adapté au suivi des espèces de grands félins (rapport téléchargeable sur le site http://kwata.net année 2010). Cependant il serait dommage de ne pas considérer les captures des autres espèces contactées lors de l'étude. Nous avons donc demandé l'autorisation auprès de l'association Kwata de récupérer l'ensemble des données qu'ils ont recueillis à l'aide de ce protocole ainsi que les meilleurs clichés effectués sur la Réserve. Nous les remercions pour cet accord qui nous permet aujourd'hui de vous livrer ici quelques nouveautés sur la vie de la réserve ainsi que de belles images prises sur le vif.

Les resultats
Parmi les 29 espèces animales identifiées lors de la campagne de piégeage photographique, 20 ont été photographiées dans la Réserve Naturelle Trésor. Ces résultats ne peuvent pas être utilisés pour connaître les densités ou autres "déplacements journaliers" mais la simple notion de "présence-absence" apporte déjà son lot de surprises.

Dans le rayon "nouveautés", deux espèces, jamais observées jusqu'alors dans la réserve, se sont faites surprendre par les pièges photographiques: le raton crabier (Procyon cancrivorus) et le Pian à oreilles blanches (Didelphis imperfecta). Il semble important de signaler que pour le raton crabier, l'em placement des stations de piégeages aura certainement eu un effet sélectif (bord de crique) bien que de plus en plus de contacts de cette espèce soient effectués dans les forêts de l'intérieur. Pour le pian à oreilles blanches, il est réellement surprenant que toutes les données de l'espèce soient cantonnées dans la RNR (trois données pour deux individus). Au total, 47 espèces de mammifères non volants sont connues de la RNR Trésor.

Les animaux préfèrent Trésor
Dans le rayon "J'me plait bien ici", certaines espèces ont semble t-il été plus contactées dans la réserve Trésor que la moyenne générale du site d'étude. Ceci est le cas pour le tapir (Tapirus terrestris) mais cela ne veut pas dire pour autant qu'il y en ait plus sur la réserve, l'emplacement d'un piège au sein de la forêt marécageuse doit y être pour beaucoup, l'espèce étant beaucoup plus observée à proximité de points d'eau. Il est vraiment intéressant de constater aussi la proportion de Jaguars dans la réserve par rapport à celle de l'ensemble du site d'étude. La moyenne des contacts de jaguars, dans la Réserve Naturelle Trésor, est presque deux fois plus élevée que celle de l'ensemble des stations. La forte présence du quatre-yeux brun (Metachirus nudicaudatus) est étonnante également puisque cette espèce, strictement terrestre, est réputée généralement moins abondante que le quatre-yeux gris (Philander opossum) aux moeurs plus arboricoles.

Dans le rayon "J'y suis toujours", il est intéressant de remarquer que les Hoccos (Crax alector) non signalés lors des derniers relevés d'indices kilométriques d'abondance (IKA) d'espèces prisées par la chasse de 2009 l'ont été à l'aide des pièges photographiques. L'acouchy (Myoprocta acouchy) semble bien représenté alors que pareillement lors des IKA, peu d'observations de cette espèce avaient été effectuées.

Cette opération de piégeage photographique menée par l'association Kwata enrichit l'inventaire des mammifères présents sur la Réserve Naturelle Régionale Trésor. Cela donne des idées d'action pour les années à venir. Des opérations strictement organisées dans l'enceinte de la réserve avec des distances bien inférieures pourraient nous donner des éléments sur la densité, sur la saisonnalité, ou encore en ciblant l'étude d'un milieu particulier tel que la mare zwani, il serait possible de connaître l'intérêt du site en question et de peut-être mettre en évidence une fréquentation et/ou une périodicité spécifique pour certains mammifères? L'acquisition de pièges photographiques par l'Association Réserve Naturelle Trésor serait donc très intéressante.

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Inventaire des micro-mammifères de la RNR Trésor

Jean-François Szpigel


Micoureus demerarea

Marmosops sp. (Opossum)
En juin dernier, nous avons renouvelé une campagne d'inventaire des micro-mammifères de la réserve sous la houlette du spécialiste de la discipline, Monsieur François Catzeflis, Directeur de recherche au CNRS travaillant à l'Institut des Sciences de l'évolution et à l'Université de Montpellier. Une première étude avait été menée par des étudiants de Paris de l'association Timarcha en 2005 mais quelques unes des identifications ne s'élevaient qu'au rang du genre. Cette nouvelle session visait donc à compléter l'inventaire. Malheureusement, elle n'a pas été aussi productive que souhaitée malgré tous les efforts entrepris, la nature sait bien garder ses mystères.

L'opération a été programmée du 13 Juin au 30 Juin 2010. Plusieurs techniques de piégeage ont été mises en oeuvre:
  • La première consistait à disposer différentes ratières de modèles plus ou moins grands. Deux lignes de pièges distribués en 15 à 30 stations espacées de 15 m en moyenne ont été disposées le long du sentier botanique du 14 au 23 juin. Puis sur la zone du STOC, deux lignes ont été fonctionnelles du 23 au 29 juin. Chaque station comportait deux cages au sol (1 modèle Sherman de 23 x 9 x 8cm et 1 modèle Bttm de 33 x 11 x 10cm), et une cage de type de Bttm en hauteur (entre 0.5 et 1.5 m) à proximité sur un tronc, une branche, ou une liane. En plus de ces lignes répondant à un protocole standardisé, 5 pièges Tomahawk (64 X 24 X 24 cm) ont complété le dispositif.
  • La deuxième consistait à ouvrir une ligne de pièges à pots (Pitfalls). Cette installation permanente revient à créer une barrière d'une centaine de mètres à l'aide d'une bâche plastique.
    Les animaux butent sur celle-ci puis s'acheminent vers un grand sceau enterré dans le sol et affleurant dans lequel ils tombent. Chaque sceau est distant d'une dizaine de mètres, soit 11 sceaux actifs en tout.

Benoît Villette enclenche un tomahawk.
  
François Catzeflis inspecte les Pitfalls.

Dans les pièges (ratières, Sherman, Tomahawk, il a été capturé 5 opossums : 4 Didelphis marsupialis et 1 Micoureus demerarae ainsi que 2 Rongeurs Proechimys cuvieri.

Dans les pitfalls, il a été récolté 2 opossums (Marmosops sp.) et 3 Rongeurs : 1 Neacomys paracou et 2 Oecomys rutilus.
Très peu d'animaux ont été capturés au cours de cette session.
Cette situation s'est déjà produite en d'autres lieux de Guyane.
L'hypothèse la plus couramment utilisée pour expliquer ce phénomène serait un manque de ressources alimentaires à la période de l'étude. Les animaux se déplaceraient donc de zones en zones et stationneraient plutôt dans les secteurs à plus forte fructifications des arbres.

Proechimys cuvieri

Pour en savoir plus sur le sujet, et du fait de ce nouvel équipement installé sur la réserve, nous allons engager de nouveaux programmes que les gardes de la réserve pourront mener à bien. Ainsi, il est prévu dès 2011 et ce sur une période de trois ans minimum, de réaliser des sessions de capture à raison d'une session par trimestre pendant une semaine complète. Les pièges seraient empruntés à l'association Kwata qui en échange récupérerait des prélèvements sanguins sur les animaux capturés pour des études en virologie. La ligne de Pitfalls sera réactivée à l'occasion et tous les groupes d'animaux pris au piège seront suivis (arthropodes, amphibiens et reptiles, petits mammifères nonvolants).


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Découverte de nouvelles espèces à Trésor

Olivier Tostain

Cet été a eu lieu un inventaire botanique des biotopes les moins connus de la réserve. Le travail a été piloté par la botaniste hollandaise Mme R. (Renske) Ek et financé par DIREN. Une équipe mixte, composée de nos deux gardes forestiers Ben et Jef, et d'Olivier Tostain et secondée par Tanguy Deville (grimpeur d'arbres très adroit), Vincent Pelletier et Guillaume Léotard, a fait plusieurs missions sur le terrain afin d'effectuer un inventaire botanique des plantes ripicoles en bordure du fleuve Orapu (limites sud et ouest de la réserve) et des collines isolées des savanes de la réserve.

Olivier Tostain raconte:
Nous avions l'intention d'inventorier les plantes de la forêt marécageuse et de la rive rocheuse de l'Orapu et aussi des deux principales collines isolées qui s'élèvent dans les savanes, à mi-chemin entre le pied de la Montagne de Kaw et le fleuve Orapu. On pense que ces collines se trouvent sur des assises géologiques étroites et particulières, une espèce de roche sablonneuse, formée par le temps et l'érosion. Nous n'avons pas trouvé de confirmation de cela (il faudra s'en occuper à l'avenir), mais nous avons fait des découvertes intéressantes, alors qu'il y avait peu de matériel en fleur dans le sous-bois.

Paypayrola sp.


Hetereotaxis villosa
Le long de l'Orapu nous avons trouvé quelques plantes très rares, quelques unes nouvelles pour la réserve et peu connues en Guyane, indépendamment de la découverte de quatre espèces de broméliacées, jamais trouvées dans la réserve, dont une endémique pour Guyane.

Sur les collines isolées il y avait un chablis (arbres tombés sur le sol). Une espèce d'orchidée, observée déjà dans la région de Sal, en Guyane centrale, en avait profité. La découverte confirme que cette plante n'est pas un hybride d'origine incertaine (comme des spécialistes avaient présumé avant), nous sommes convaincus d'avoir affaire à une nouvelle espèce d'orchidée, Heterotaxis.

Puisque cette nouvelle espèce est aussi présente en Sal, elle est probablement très répandue en Guyane. Nous avons trouvé encore une autre Heterotaxis, pas encore vue dans la réserve, H. villosa.

Une autre découverte confirme que Trésor abrite une grande richesse: nous avons eu la chance de trouver sur une des collines isolées une petite population (moins de dix spécimens sur un quart d'hectare) d'un petit arbre dont les fleurs apparaissent directement sur le tronc et sur de vieilles branches (ce phénomène s'appelle Cauliflorie). Cet arbre (aussi) se trouva être une nouvelle espèce pour la science, à savoir du genre Paypayrola, représentant de la famille des Violacées Ceci a été confirmé par le spécialiste des Violacées, qui vit au Venezuela. Il y a donc une nouvelle Paypayrola dans la réserve Trésor (numéro d'herbier: OT-4626)!
Des recherches botaniques dans la réserve Trésor restent toujours très nécessaires, puisque c'est certain qu'il y aura encore beaucoup à découvrir dans ces biotopes.





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Michiel Standaert is a biology student
at Utrecht University who wrote a
thesis on this subject for Trésor and
also this summary for Trésor News.

REDD, la dernière ressource?

Michiel Standaert   



Le rôle-clé des forêts tropicales dans la politique climatique
Les forêts tropicales sont un maillon important dans le cycle du carbone mondial. Elles ne couvrent que 7% de la surface terrestre, mais contiennent relativement beaucoup de carbone et assimilent du CO2 net. L'abattage des forêts tropicales au profit de l'agriculture et l'exploitation du bois cause que de grandes quantités de carbone se retrouvent dans l'atmosphère. Des évaluations indiquent que 12 à 20% de l'émission mondiale de carbone par suite d'activités anthropiques est dû à la destruction et à l'éclaircissage des forêts tropicales.

La protection des forêts tropicales peut mettre en sécurité le stockage de carbone et ainsi réduire en grande partie l'émission de CO2. Le stockage de carbone peut être considéré comme un service écologique: un service rendu par le système écologique et d'importance pour l'homme. Ce n'est pas inhabituel de faire payer aussi ceux qui rendent ce service nécessaire pour le maintien de ce service. Ou bien: les pays industriels pollueurs devront endosser les frais pour la conservation des forêts tropicales en tant que réservoir de carbone.

REDD est le projet d'un paquet de mesures politiques qui devra rendre possible la protection des forêts tropicales. REDD signifie Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation, ou bien: la réduction des émissions causées par la déforestation et la dégradation des forêts. Le principe est comme suit: les propriétaires des forêts tropicales, le plus souvent situées dans des pays en voie de développement, font des efforts pour conserver leurs forêts. Les revenus de l'agriculture ou de l'exploitation du bois qu'ils n'obtiennent pas ainsi, seront compensés par la communauté internationale.

Il faudra inventorier mondialement et en détail les forêts tropicales afin de cartographier où la protection est la plus nécessaire. Les forêts avec la densité de carbone la plus grande devront être mises à l'abri d'abord. La densité de carbone définit aussi l'ampleur de la récompense que le propriétaire reçoit. La récompense dépend aussi du risque que la forêt en question sera abattue. Parce que si le propriétaire terrien préfère le stockage de carbone à d'autres fonctions, la compensation financière à travers de REDD devra être plus grande que les revenus qu'il aurait de l'agriculture ou du coupe du bois. REDD devra donc soutenir la concurrence avec d'autre formes possibles d'emploi des terres et devra toujours s'adapter au marché local.

Le rassemblement des moyens financiers pour les compensations REDD semble être une tâche pour le marché. Il faudra définir des normes d'émission pour les entreprises et là où c'est nécessaire les augmenter. Des certificats pour le stockage de CO2 délivrés par REDD seront ensuite négociés sur un marché international.
Les entreprises pourront contribuer à la conservation des forêts tropicales par l'achat de certificats, compensant de la sorte leur propre émission CO2. Rassembler de l'argent pour un fonds REDD est une chose. Au moins tout aussi compliquée est la tâche de veiller à ce que les moyens financiers réunis arrivent aux gens qui en devront vivre, et ne tombent pas dans les systèmes bureaucratiques. La capacité institutionnelle souvent réduite des pays en voie de développement fait nécessaire une surveillance stricte de la distribution de l'argent. Contrôle et mise au point au sein de la communauté internationale sont donc essentiels pour la réussite de REDD.

Les évaluations des frais réels de REDD varient, bien qu'on est d'accord que REDD est un moyen relativement bon-marché de réduction de CO2. Et quand bien même il s'agit d'un investissement considérable à court terme. Les avantages de REDD à long terme, aussi financiers, sont si grands qu'il vaut la peine invertir maintenant. Les négociations internationales sur REDD battent leur plein. Que les accords se fassent encore attendre un peu n'est pas surprenant, vu la complexité de l'affaire. C'est que la discussion sur REDD ne regarde pas seulement le climat. La discussion traite aussi du rapport des forces dans le monde, la distribution de la pauvreté et de la richesse et de la justice. Ceci, complété avec la grande quantité d'obstacles techniques et organisationnels, fait que la réalisation d'un programme REDD soit un défi incroyable. Un défi qu'il faudra relever, puisqu'il y va de plus que de quelques arbres. CO2

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Nouvelles de la forêt tropicale humide

Nouvelle convention avec le WWF Guyane


Le Président de l'association de gestion de la RNR
Trésor Olivier Tostain et Laurent Kelle du WWF en
pleine signature avant le verre de l'amitié
28 Mai 2010 : Signature d'une nouvelle convention avec le WWF Guyane en soutien à trois axes d'action innovants de la RNR Trésor. Le premier concerne les changements climatiques et leurs conséquences. Il repose en grande partie sur le travail mené par les étudiantes de l'Université d'Utrecht évoqué ci-avant et la mise à disposition des gardes de la réserve en appui à leur travail. Le deuxième volet concerne la concertation et la gouvernance territoriale afin d'assoir un dialogue constructif entre la réserve, ses usagers et les acteurs situés à sa périphérie. Il se décline en la réalisation de deux grandes cartographies (cartographie des pressions anthropiques et des impacts sur la réserve, cartographie participative des "parties prenantes" à la gestion de la réserve). Ce travail de synthèse devra esquisser les principales pistes de négociation/médiation avec les différentes catégories d'acteurs interagissant avec la RNR Trésor. Le dernier axe consiste à publier une plaquette A4 pliée de présentation grand public de la réserve en respectant la charte graphique du réseau des Réserves Naturelles de France.

Nouvelle programme d'animation:


La réserve nationale du Mont-Grand-Matoury et la RNR Trésor se sont associées pour proposer au grand public un riche programme de découverte de la nature. Pour cela, elles ont demandé à différents spécialistes de guider des sorties sur leurs sentiers respectifs autour de thématiques très ciblées : les palmiers et plantes du sous-bois avec J-J. de Granville, les fougères avec M. Boudrie, les insectes avec J-P. Champenois, les oiseaux avec S. Maillé.
Deux autres balades clôtureront bientôt ce programme avec l'intervention de la compagnie Zoukounyanyan qui offrira une toute autre façon de percevoir la biodiversité forestière à travers l'évocation de différents contes animaliers de Guyane au fil des sentiers. Toute l'opération a été réalisée avec le soutien de l'association Réserves Naturelles de France, du Ministère en charge de l'écologie et de la Fondation EDF Diversiterre. Des fiches pédagogiques étaient distribuées à l'issue de chaque balade. Ci-joint en PDF vous pouvez télécharger les trois fiches botaniques.

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Trois mois de stage à Trésor

Ineke Roeling et Anna Duden

La Fondation Trésor vise à 'stimuler et soutenir la recherche sur la biodiversité et les processus dynamiques à l'échelon végétatif dans la réserve'. C'est pourquoi Trésor est l'objet de bien des études menées par des institutions scientifiques de plusieurs pays. Ce fut pour nous aussi un privilège de réaliser une étude dans et autour de la réserve en Guyane française. Nous sommes Ineke Roeling et Anna Duden, étudiantes 'Master Ecology & Natural Resource' de l'Université d'Utrecht. Pour notre rapport final d'études, nous menons pendant six mois des recherches sur le stockage de carbone dans et autour de la réserve Trésor. Nous avons passé trois mois en Guyane française.
Ineke s'est occupée de mesurer fidèlement le stockage de carbone: quelle étendue doit avoir la zone de recherche dans cette région?
Anna s'est focalisée sur l'effet de certains choix politiques dans la région concernant le stockage de carbone. Un exemple: dans quelle mesure est comparable le stockage de carbone dans une zone où il y a 20 ans eut lieu un abattage sélectif d'arbres, au stockage de carbone dans une zone intacte.


Anna mesure le diamètre d'un
arbre sur la parcelle. La hauteur
exacte sur laquelle a été mesuré le
diamètre est marquée avec de la
peinture orange, ainsi on pourra
mesurer exactement lors des
études à venir combien l'arbre a
pris d'ampleur.

Romain Taravella du WWF-Guyane pose une étiquette
unique sur un arbre mesuré, de sorte qu'on puisse retrouver
l'arbre pendant les études futures. La peinture orange
indique exactement où le diamètre de cet arbre a été mesuré.

Ineke mesure la hauteur d'un arbre
avec un 'hypsomètre', un pistolet à
laser qui définit la distance et l'angle
de l'œil jusqu'au point le plus haut du
faîte, déterminant de la sorte la
hauteur exacte de l'arbre.

Le 14 mai nous arrivâmes à l'aéroport de Rochambeau en compagnie de notre directeur de stage Vijko Lukkien. Pendant les deux premières semaines Vijko nous a accompagnées afin de nous introduire proprement auprès de toutes les organisations concernées, et de leur présenter notre projet de recherche. Les contacts établis lors de ces entretiens s'avérèrent pour autant très positifs. L'Association Trésor nous a soutenues dans toutes les choses pratiques. Avec le WWF nous nous sommes mises à table lors des premières semaines. Ceci a mené à un accord de coopération pluriannuel dans le cadre du REDD, dont notre projet sera une étude pilote. Aussi l'ONF s'avéra très disposé à nous soutenir. Ils nous ont permis formellement de faire une partie des recherches sur les parcelles de coupe de bois placées sous la gestion de l'Office National des Forêts. Ils sont allés jusqu'à exclure une parcelle tout à fait de coupe de bois dans l'avenir afin d'y assurer nos recherches aussi dans les années à venir. ECOFOG, une organisation de recherches renommée à Kourou, qui a beaucoup d'expérience dans le domaine du stockage de carbone, a passé en revue nos méthodes de recherche sur le terrain et nous a proposé une méthode adaptée basée sur leur expérience: la méthode des transects. Ce qui nous a frappées surtout pendant ces entretiens avec les organisations partenaires locales était leur grand enthousiasme pour la conservation de la nature et la volonté de s'impliquer dans notre projet. Aussi sur la coopération future avec des étudiants de l'Université d'Utrecht, on a réagi positivement.


Ineke avec un petit lézard rencontré dans la forêt.

Anna avec un petit opossum
captivé lors des recherches
du Prof. François Catzeflis
qui a étudié les petits mammi-
fères de Trésor, quand nous
étions là.

Ineke en train de faire la cuisine dans le carbet.

Après avoir créé une bonne base pour nos recherches auprès des organisations pertinentes en Guyane française, nous avons pu entamer le vrai travail: prendre les mesures sur le terrain. Pendant la durée des mensurations sur le terrain nous logeâmes, avec les gardes forestiers Jef Szpigel et Ben Villette, dans le carbet Trésor, qui est équipé d'une cuisine de luxe et où nous avons dormi très confortablement dans des hamacs. Une journée de travail sur le terrain se déroulait comme suit: Une douche rapide (de l'eau froide d'un petit seau), suivie d'un petit déjeuner hollandais solide (du pain au beurre de cacahuète). Pendant le petit déjeuner sur la véranda devant le carbet, nous voyions passer des fois des aras. C'était magnifique à voir. Ensuite c'était l'heure de contrôler les appareils de mesure et après nous nous mettions en route vers notre zone de mesure.

Le terrain de recherche avait la forme d'un transect; une ligne de presque 200 mètres de long à travers la forêt, avec des deux cotés dix petites parcelles de 0,05 ha. Sur ces parcelles nous avons mesuré tous les arbres d'un diamètre de 2,5 cm ou plus. Lors du travail sur le terrain chacune avait sa propre tache: le diamètre fut mesuré avec un mètre à ruban, la hauteur fut mesurée avec un pistolet à laser spécial, les arbres très hauts reçurent une étiquette avec un chiffre unique afin de les pouvoir mesurer à nouveau dans l'avenir, et enfin tout était noté. Ainsi nous travaillions toute la journée dans la forêt, où nous vîmes passer une fois un Theraphosa leblondi (la plus grande araignée du monde), ou des Tamarins (de petits singes noirs) sautant d'arbre en arbre.

En tout, nous avons tracé quatre transects et nous avons mesuré plus de 5000 arbres. Maintenant est arrivée la deuxième partie de notre étude: le traitement des données et la rédaction du compte rendu de notre étude. Cela fait plus de trois semaines que nous sommes de retour en Hollande. Et pendant le petit déjeuner, en regardant les pigeons qui passent au lieu des aras, nous pensons avec beaucoup de plaisir au très bon temps passé parmi les beautés de la nature et l'aventure que Trésor offre.

Nous saisissons l'occasion de remercier l'Association Trésor et l'Université des Antilles et de la Guyane pour l'accueil et le soutien pratique lors de notre séjour. Aussi nous remercions le WWF-Guyane, dont l'appui financier et les conseils ont rendu possible ce projet, l'ONF, dont la coopération et les connaissances du terrain de travail étaient indispensables pour la réalisation des mesures sur le terrain, et ECOFOG, dont l'expertise a contribué à la qualité de l'étude. Puis nous remercions la Fondation Van Eeden, le Fonds K.F. Hein, la Fondation FONA et le Fonds Miquel pour le soutien financier de cette étude. Enfin nous voulons remercier personnellement Ben et Jef, ils ne se sont pas seulement démenés pour nous seconder à achever notre projet, mais ils ont fait en sorte que notre séjour en Guyane fût très agréable et extraordinaire.





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