Chercher  Home
Fondation Trésor Utrecht

vorige
nummer volgende 
nummer

numéro 28, mai 2009 (extrait)

Contenu
contenu


photo Ad Havermans
The latest news

Trésor reconnue comme Réserve Naturelle Régionale!!!

Vijko Lukkien

Le mardi 21 avril passé, le Conseil Régional de la Guyane française, au grand complet, a pris la décision d'accorder à la réserve Trésor le statut de Réserve Naturelle Régionale (RNR). Ceci avec 17 voix pour et trois abstentions.

En prenant cette décision, le gouvernement de la Guyane française a accordé à la réserve Trésor en Guyane française, un statut de protection particulière tombant sous la législation française concernant la protection de la nature.

Une initiative de protection des forêts tropicales humides, lancée par l'Université d'Utrecht, et par beaucoup de donateurs privés et de volontaires, par le WWF et les entreprises hollandaises, cette initiative a reçu la reconnaissance vraiment unique de la communauté guyanaise.

Dans le prochain numéro de Trésor Nieuws nous vous informerons plus amplement.

contenu

Visite de travail 2009 à la réserve Trésor

Vijko Lukkien and Pipasi Jeurissen

Arrivée en Guyane française
Le 7 février, nous partons d'Amsterdam, destination Paramaribo, où nous arrivons à 6 heures du soir, heure locale, sous une pluie torrentielle.
Après avoir passé la douane, il nous reste tout juste une demi-heure pour nous faire une première idée du Surinam, bien qu'il commence à faire nuit, en allant en autobus à notre hôtel en ville. Les nombreux magasins le long de la route sont inondés de lumière et il y a beaucoup de monde dans les rues.

Le lendemain matin, Pipasi et moi, nous quittons tôt l'hôtel Albergo Alberga pour partir vers Cayenne en Guyane française. Nous roulons plus de 450 km par des routes côtières et traversons, évidemment en bateau, le fleuve frontière, le Maroni.
De nouveau sous une pluie battante; le long de la route, çà et là, on brûle du charbon de bois en des tas recouverts d'une couche de terre, d'où la fumée sort de tous côtés; et sur les nombreux étals une éblouissante variété de légumes et de fruits.
Quand le soleil perce les nuages, nous nous plaisons à contempler les ciels bien hollandais au-dessus du Surinam et la Guyane française, la température est d'environ 29ºC. Nous oublions totalement la Hollande sous son ciel d'hiver gris et brumeux et une température du jour de quelques degrés au-dessus de zéro.
Sur la route il y a des serpents, vivants et morts, et au-dessus des vautours, les Urubus à tête rouge (Cathartes aura) et au-dessus d'eux, encore beaucoup plus haut, les Sarcoramphes roi (Sarcoramphus papa). Ces derniers au plumage noir et blanc vraiment royal. A la fin de l'après-midi des couples de perroquets amazone volent de l'intérieur du pays vers les arbres près de la côte où ils passent la nuit.

Préparation visite de travail
Le lendemain matin nous avons la première réunion de travail avec nos gardes forestiers Charlotte Briand et Kévin Pineau au bureau (partagé avec d'autres Associations) de l'Association Trésor.

Nous discutons l'ordre du jour de la semaine de travail, après le voyage au Surinam et en Guyane française des deux groupes de participants. Les points culminants de la semaine de travail sont sans doute l'inauguration du bâtiment d'accueil neuf, nommé désormais Maison de la Réserve, le samedi 7 mars, et l'Assemblée générale de l'Association Trésor, le lundi 9 mars.

Ce jour-ci le nouveau statut (Réserve Naturelle Régionale) de la réserve Trésor est aussi un sujet de conversation important, le Conseil Régional de la Guyane française devrait nous l'accorder au mois de mai de cette année.
La société nous apporte amplement leur soutien, ce qui est important, étant donné qu'une décision ne revêt pas seulement un caractère technique-administratif mais devra sûrement aussi passer par la politique.

Nous sommes très heureux d'entendre que la commune de Roura, où la réserve est située, appuiera la demande du nouveau statut et que le groupement des Associations de la Guyane française donnera aussi son appui, en plus d'organisations comme l'ONF et le Conservatoire du Littoral (Paris).
(Entre-temps le nouveau statut a été accordé comme vous avez pu lire ci-dessus)

Et évidemment nous parlons de l'initiative formidable du WWF-Guyane, appuyée par le WWF-Pays-bas, de financer pour 2009 les salaires de Charlotte Briand et de Kévin Pineau, nos gardes forestiers. Nous le considérons comme un grand compliment pour tout le travail réalisé ces dernières années par nos gardes forestiers, l'équipe de l'Association et tous les bénévoles de la réserve Trésor.

Voyage Hovo*
Le mercredi 11 février, nous partons tôt le matin de Cayenne, en deux petits autobus (pour le groupe), pour aller à l'extrême nord-ouest de la Guyane française, où est située la communauté d'indiens, Awala Yalimapo.
Là se trouvent les plages réputées pour les tortues marines vertes qui, à cette époque de l'année, y viennent pondre la nuit et ici nous rencontrons le premier groupe de voyageurs pour le voyage en Guyane française et à Trésor. Kévin et Charlotte, enceinte, accompagneront conjointement avec nous les deux groupes dans cette partie guyanaise du voyage.

Nous serons en route jusqu'au 5 mars et ce jour nous arriverons tard l'après-midi à Cayenne. Bien sûr après avoir pris congé du deuxième groupe à St. Laurent à la frontière avec le Surinam.
En ce cas s'applique tout à fait l'expression consacrée: 'fatigués mais très satisfaits'.
La dernière semaine du voyage il y a au programme une excursion en bateau sur le fleuve frontière, le Maroni, entre le Surinam et la Guyane française, nous pénétrons profondément dans l'arrière-pays loin au sud.
Au-dessus du fleuve les Aigles pêcheurs (Pandion haliaetus carolinensis) venus de l'Amérique-du-Nord qui hivernent ici, et des toucans, traversant le fleuve pour changer de forêt.
Kévin était tout à fait ravi en observant deux espèces d'oiseaux qu'il n'avait pas encore vues jamais (et cela veut dire quelque chose en son cas): une espèce d'hirondelle, Atticora melanoleuca, qui est surtout présente sur les gros rochers des rapides et le Vanneau de Cayenne (Hoploxypterus cayanus,) le long de la rive, dont les derniers dix ans il n'y a au que deux observations en Guyane française.

Les points culminants du voyage ont été e. a. la visite à la région de Kaw, avec la visite à la réserve Trésor, la balade en bateau, et la nuit passée dans les marais de Kaw. Mais aussi l'excursion aux îles au large de la côte guyanaise (Îles du Salut) et bien sûr la longue promenade sur le Maroni.

Cet arbre colossal a besoin de pas mal de mètres carrés!
photo Ad Havermans
Tout le monde était très impressionné par la courte expédition à un des nombreux arbres monumentaux de la réserve Trésor. Un des membres du groupe a fait une photo de ce Saint Martin Jaune (Hymenolobium flavum) pour l'utiliser l'année prochaine pour une des présentations PowerPoint du cours.

Inauguration officielle de la Maison de la Réserve
De retour en Guyane française et à Cayenne, nous préparons avec Kévin et Charlotte l'inauguration du lendemain, le vendredi 6 mars, du bâtiment d'accueil neuf.
Le bâtiment consiste en deux pièces; une grande salle pour l'accueil de classes scolaires et un local de travail pour les collaborateurs.
En plus de l'information de base étalée sur une demi-douzaine de grands panneaux, une paroi est réservée pour y afficher des thèmes divers de la réserve.
Le thème lors de l'inauguration est l'immense diversité d'espèces de grenouilles présentes dans cette zone la plus humide de la Guyane française.

Le samedi 7 mars à 15.00 heures, a lieu l'inauguration officielle de la 'Maison de la Réserve Trésor', il fait un temps splendide. Plus de quarante invités de tous les segments du gouvernement et du monde guyanais de la protection de la nature, sont présents. Aussi bien Olivier Tostain (conservateur) comme Kévin et Charlotte (nos gardes forestiers) mènent d'excellentes présentations et des tours guidés pour les invités.
Moi, je coupe le ruban, ce qui est pour moi un honneur très particulier.

De la part de l'ONF est aussi présent Wim Visser, l'architecte du bâtiment neuf. Wim est d'origine hollandaise et déjà depuis des années, il habite et travaille en cette fonction en Guyane française. Et ainsi, lors de cette inauguration, l'initiative Trésor franco-néerlandaise reçoit encore un accent franco-néerlandais supplémentaire.


Les invités se rassemblent près de la nouvelle Maison de la Réserve

Information de base sur de grands panneaux

Vijko Lukkien effectuant l'ouverture officielle

Les invités admirent le carbet neuf

Les magnifiques totems d'info

Le coin des jeunes
photos Association Trésor
Le dernier jour de notre visite de travail, le 10 mars, Pipasi et moi nous faisons une balade d'adieu par la réserve Trésor. Il fait très beau et les oiseaux font entendre leurs chants partout. Une grosse tortue forestière croise notre chemin. Et bien sûr, avant de partir, nous nous arrêtons près des Héliconias en fleurs le long du sentier éducatif et nous observons les colibris attirés par les énormes quantités de nectar produit par les fleurs.
Nous nous complaisons encore un moment à regarder les totems magnifiquement conçus le long de la route et le bâtiment d'entrée vraiment sympathique; la Maison de la Réserve.
Nous rentrons très satisfaits à la Hollande espérant que là le printemps se fasse déjà sentir un peu.

* HOVO = (Hoger onderwijs voor ouderen) Université du troisième âge.

contenu


Le lac Brokopondo
photo Ad Havermans

Un voyage au Surinam et à la Guyane française

Ad Havermans

Après avoir suivi le cours HOVO: « Le Surinam et la Guyane française », j'ai participé, du 7 février au 1er mars, à un voyage a travers ces deux pays.
Au Surinam nous nous sommes rendu d'abord de Paramaribo à la rive sud-ouest du lac Brokopondo : Bakaabotoo. Après avoir passé par Paramaribo, le voyage continua à Frederiksdorp, et ensuite en Guyane-française. Après le passage du fleuve Maroni vers la côte aux environs d'Awala. Ensuite une visite à Trésor et aux Marais de Kaw. En plus nous visitâmes en Guyane-française: Montjoly, les Îles du Salut et Cariacou, situé sur le fleuve Kourou, Cayenne, la ville de Kourou et Saint-Laurent. Le voyage termina avec un tour de 6 jours sur le Maroni et le Tapanahoni et avec une visite plus approfondie de Paramaribo.
Un voyage plein de points culminants; surtout Trésor et Kaw ont volé le cœur de l'auteur de cet article.


Un séjour au milieu de la forêt tropicale humide au camp Cariacou.
photo Ad Havermans
Le 'Pom' de Dien, le 'Roti' de Joosje ou, quand même les délicieux fruits au lait de coco de Dien, ces plats typiques surinamiens se disputent dans mon esprit d'être le point culminant culinaire de mon voyage. Savourer la culture! Parlant de cultures. La population de Paramaribo est magnifiquement mêlée. Des gens joyeux, habillés avec goût. Cela vaut pour tout le Surinam: les commerces des chinois, les marrons à l'intérieur du pays, les hindoustanis et leurs temples, les juifs, les javanais, les chinois en train de construire des routes, les indiens, brésiliens, européens? Des identités reconnaissables, des coutumes différentes. Et cela avec à peine un demi-million d'habitants.

Ce n'est que des semaines après mon voyage avec Vijko, Wim, Pipasi et Thomas que j'ai pu établir de l'ordre dans ce que j'ai expérimenté. 21 jours de Surinam et Guyane-française: que c'est passé vite, quelle intensité, combien d'impressions. Pas le temps de réfléchir pendant le voyage. Quelques e-mails de compagnons de voyage et des photos surtout m'envoient des bribes. Qu'il fît chaud et humide, cela m'occupait continuellement l'esprit, en me faisant suer abondamment. Köppen a classifié ce climat comme Af ou bien climat de forêt tropical humide. La lettre A n'est pas un acronyme; ce n'est qu'une indication de catégorie dans la série A, B, C, D, E et H.
C'est évident qu'il a commencé le classement sous les tropiques; d'où A, il aurait aussi bien pu commencer dans les régions polaires. Pour lui le A implique que la température moyenne du mois le plus froid est plus haute que 18 dégrées. C'est vrai que nous n'y étions pas pendant le mois le plus froid, mais le drap recommandé pour la fin de la nuit, possiblement un peu plus fraîche, je pouvais m'en passer. Le f est un acronyme pour feucht; à interpréter comme chance de pluie en toute saison. Pour nous, voyageurs, on peut le traduire en chance de pluie constante lors des trois semaines du voyage.


En route vers l'arbre géant à Trésor.
Surtout à Trésor il faisait très humide. Pendant notre visite et aussi selon les données concernant la pluviosité annuelle. L'alizé du nord-est, lourd d'humidité, se brise contre la crête de Kaw, se débarrassant de sa charge d'eau. Il y a des ans qu'il tombe par ici quelques 8000 mm (oui, c'est ça, 8 mètres!!!); des fois il tombe ici autant pendant un mois qu'en Hollande pendant toute une année. Une fraction en tomba sur nous lors de la balade sur le sentier de la jungle.
Inoubliable, cette promenade. D'un coup tu te rends compte de ce que c'est vraiment que la forêt tropicale primaire. Une grande densité d'arbres géants, l'obscurité de la forêt; aussi la pluie d'une température agréable, les sons et les odeurs. La forêt tropicale humide de tes rêves. Près du chemin ce n'est pas encore tellement le cas. L'influence humaine y est à l'origine d'une forêt secondaire. Mais après avoir marché quelques dizaines de mètres tu te rends compte de la transition.
C'est ainsi que ça devrait être. D'ailleurs c'est important qu'on ait aménagé ici un sentier au profit de l'éducation. La forêt sommitale est reconnaissable et la forêt sur (faible) pente pour ceux qui ont lu le plan de gestion Trésor 2008-2012 (voyez site Internet) remarquablement bien écrit. L'explication compétente de nos guides Kévin et Charlotte nous fait éprouver la biodiversité: le Milan à queue fourchue, les crabes, la Clusia grandiflorum, les jardins de fourmis, les fougères arborescentes, les lianes, le Coque de roche (l'orange et non pas le rouge qui est présent le long des Andes)? les liens, leur magnifique écologie, leur évolution, l'utilisation de chaque niche, leur harmonisation et dépendance réciproque, la vulnérabilité aussi du système.
Ça vaut le coup qu'on fasse de si grands efforts pour conserver le site intacte. Mes mètres adoptés valent bien la peine. En observant dans la réserve un vrai arbre géant, une cathédrale, j'espère en secret qu'il se trouve sur mes mètres. Bien qu' il est vraiment très grand avec ses racines contreforts.


Lors de la promenade en bateau sur les marais de Kaw, nous repérons une orchidée aux fleurs quasi-transparentes, dont même Vijko ne sait pas le nom.

Crépuscule sur le Maroni.
photos Ad Havermans
Du point de vue écologique, géographique, Trésor constitue une unité avec les Marais de Kaw, également protégés. Un autre point culminant du voyage. Une zone plate, entièrement inondée en février; beaucoup d'eau provenant des collines autour (la Montagne de Kaw et Trésor).


A tout moment de la promenade il y une
bonne chance qu'on fasse un rencontre particulier
photo Ries de Winter
Des oiseaux, comme le remarquable hoazin, des caïmans, de superbes bromélies dans une partie de forêt inondée, une orchidée aux fragiles fleurs vertes, une végétation adaptée à des périodes de hautes eaux, les cris typiques des singes hurleurs qui passent à l'aube.
Tout comme c'est difficile de signaler le point culminant culturel ou culinaire de ce voyage, c'est pareil pour la nature. Trésor et Kaw sont des points culminants incontestés, mais nous avions aussi les incroyables mangroves de Montjoly, les ibis rouges de l'estuaire du fleuve Sinnimary, les papillons de nuit et d'autres insectes de Patawa, les tortues marines et la plage intéressante d'Awala, les savanes de Simili, les agoutis et les saïmiris de l'île Royale (photo de la couverture), l'excursion impressionnante sur le Maroni, les colibris de Cariacou, etc.

Quelle privilège d'avoir participé à ce voyage!! contenu

En mission de reconnaissance dans les zones d'extension de la Réserve Trésor

Renske Ek

Les zones limitrophes au nord et au sud de la Réserve Trésor appartenaient il y a peu de temps encore au domaine forestier de l'Etat en Guyane française. Le Conservatoire de l'Espace du Littoral et des Rivages Lacustres (CELRI), l'organisation qui s'occupe de la protection et de la gestion des zones côtières de la Guyane-française, est en train d'acquérir ces terrains. De ce fait plus de 1500 ha supplémentaires deviennent disponibles pour y mener des inventaires et des recherches. Pour obtenir une première impression de la valeur ajoutée créée par ces extensions, nous y avons réalisé un premier inventaire du 7 au 19 décembre.
Marion Jansen-Jacobs de l'ancien Herbier d'Utrecht, Juul van Dam du Zoo Blijdorp (Rotterdam), André van Proosdij du Hortus Botanicus (Amsterdam) et les gardes forestiers de Trésor, Charlotte Briand et Kévin Pineau, eux tous sont allés reconnaitre le terrain sous la direction de Renske Ek.
Une première impression avez-vous pu lire déjà dans l'édition précédente de Trésor Nieuws, de la main d'André Proosdij. Ci-dessous vous trouverez une représentation des conclusions les plus importantes du compte-rendu officiel1.

Les zones d'extension
Les zones d'extension se trouvent au nord et au sud (à vrai dire au sud-est) de la Réserve Trésor originelle. A l'aide d'une image radar récente, nous avons, ensemble avec Kévin et Charlotte, choisi les zones que nous voulions voir de toute façon.
Extension Nord
Dans l'extension Nord, nous avons fait trois sorties d'une journée:
  1. dans les parties plus élevées, près du chemin, sur les pentes raides;
  2. le long d'une vieille piste de Fourgassié² à la réserve Trésor originelle;
  3. descendant dans une crique à partir du chemin jusqu'au sentier nommé sous 2.
Les unités écologiques et les espèces végétales trouvées sont très comparables à ce qu'on a trouvé précédemment dans Trésor. Cette extension peut être efficace comme zone tampon pour la réserve originelle, elle permettra de contrôler mieux les chasseurs qui opèrent du côté de Fourgassié. Ce pourrait aussi être une zone supplémentaire à rendre accessible au public.

Extension Sud
Dans l'extension Sud (dans l'article d'André Proosdij en TN27 nommée l'extension Est) nous avons aussi fait trois sorties d'une journée:
  1. dans la partie du sud-est, où la crête est plus élevée:
  2. dans la zone aux pentes les plus raides;
  3. le sentier à 'Dégrad3 Limousin'
L'extension Sud ajoute un bon nombre d'éléments:
  1. du terrain plus élevé (alt.) où la cuirasse latéritique affleure. Ici fut trouvé une nouvelle unité écologique;
  2. des pentes et criques très abruptes, aussi bien dans le cours supérieur de la Crique Trésor, comme dans le cours supérieur de la Crique Couacou;
  3. une large étendue de forêt marécageuse sur un sol sablonneux comme on la trouve autour des savanes;
  4. splendide, vieille forêt marécageuse Symphonia, dans la zone autour de la Crique Trésor;
  5. des collines isolées couvertes d'une vieille forêt très adulte (point final journée 6);
  6. de la végétation associée aux criques autour de la Crique Trésor.
a. Terrain plus élevé
Le point le plus élevé de l'extension Sud est de 302 m, dans le site originel le point le plus élevé atteint 267 m. Presque toute la crête de ce côté-ci de la réserve est plus haute que dans le site originel.
Dans la nouvelle unité écologique trouvée, - de la forêt sur cuirasse latéritique affleurant-, les suivantes espèces particulières ont été repérées: Esenbeckia cowanii (Rutaceae), une espèce protégée en Guyane-française et Bromelia granvillei (Bromeliaceae) également une espèce protégée et aussi une espèce connue seulement en Guyane-française. Les deux espèces étaient déjà connues du sentier menant aux grottes de Kaw, où la cuirasse latéritique se trouve aussi à la surface.

Exemple d'une espèce trouvée nouvellement Matelea palustris (Asclepiadaceae), poussant au bord de la Crique Trésor.

Charlotte et Renske délibérant sur une fleur repérée.

Récolte dans la réserve aussi.
photo Renske Ekphotos André van Proosdij
Tout près de la nouvelle unité végétale, fut trouvée une forme particulière de Duguetia inconspicua (Annonaceae). En soi c'est une espèce courante, mais dans cette forme collectée seulement une fois, aussi sur le Mt. Kaw, par J.J. de Granville, l'ancien directeur de recherche de l'herbier de Cayenne.
Une première comparaison avec la cuirasse latéritique au nord de la crête, près du sentier menant aux grottes de Kaw, suggère que la cuirasse latéritique au nord de la crête couvre une superficie plus vaste et la végétation y paraît beaucoup plus sèche, avec beaucoup moins d'humus sur le sol.
La question est si c'est à cause de l'effet nord-sud, avec plus de pluie sur la pente sud, ou que ceci a à faire avec la position de la cuirasse latéritique (géomorphologique). Les données existantes des sols du Mt. Kaw4 sont toutefois à une échelle assez grossière. Une bonne carte du sol de la région du Mt. Kaw, de préférence en combinaison avec les végétations y présentes, est une condition pour arriver à une bonne évaluation de l'importance de la Réserve Trésor en relation avec la conservation des végétations présentes dans la région du Mt. Kaw.

b. Des pentes et criques abruptes
Une tentative de descendre dans la zone aux pentes les plus abruptes jusqu'au niveau sous la cuirasse de latérite, échoua par les conditions atmosphériques changeantes. A notre arrivée la saison des pluies n'avait pas encore commencé, mais maintenant il avait plu des fois très fort et les pentes étaient très mouillées et glissantes. Après quelques glissades considérables, Jules et moi, nous avons cessé nos tentatives et avons joint les autres qui étaient en train de collecter des plantes le long de la piste à Placer Trésor5.

c-f. Route à Dégrad Limousin
La piste à Dégrad Limousin est superbe et bien praticable. Les points c ? f y furent observés. Le long de la piste, près des savanes, nous tombions sur un grand groupe de Capucins à tête blanche (Cebus olivaceus) et il y avait beaucoup de fruits rongés sur le sol de la forêt.

Dans la réserve originelle, le gradient de végétation de la crête jusqu'au fleuve est plutôt dense, comme conséquence de la présence des savanes humides. Ces savanes se trouvent seulement dans la réserve. Par l'agrandissement au sud (surtout), la valeur représentative de la réserve ? en ce qui concerne les unités écologiques de la pente sud de la Montagne de Kaw ? s'est agrandie considérablement.

Les savanes au sein de la réserve
L'image radar récente a démontré qu'il y a encore deux autres petites savanes ouvertes, au nord de la Crique Favard. C'est pourquoi une journée a été consacrée à visiter la zone des savanes.

Que savons-nous maintenant de la diversité botanique de Trésor?
Lors des journées sur le terrain, nous avons récolté tout le temps des plantes et nous avons fait des notes sur les plantes, dont nous trouvions des fleurs ou des fruits sur le sol forestier. Etant arrivés à la fin de la saison sèche, il n'y avait pas beaucoup de plantes aux fleurs ni aux fruits. Nous avons malgré tout pu faire 109 collectes. Dont 48 espèces étaient nouvelles pour la liste et 17 espèces étaient déjà sur la liste, mais pas encore documentées officiellement à l'aide d'un exemplaire séché d'herbier ou d'une photo.



Augmentation du nombre d'espèces végétales connues après plusieurs inventaires.
La ligne rouge indique l'augmentation absolue, la ligne bleue le total après contrôle, correction et nettoyage.


Actuellement 1140 espèces végétales ont été repérées dans la zone. Bien que nous n'ayons travaillé que sept jours sur le terrain, contre les plus de vingt jours d'activités de récolte d'avant 2006, ce voyage a montré une augmentation considérable du nombre d'espèces végétales.

à propos de cette étude, quatre nouvelles recommandations ont été faites pour des recherches ultérieurs. Pour le moment il y a encore beaucoup à découvrir à Trésor!
__________________
1  Ek, R.C., M.J. Jansen-Jacobs, K. Pineau, J.A.C. van Dam, A.S.J. van Proosdij & C. Briand. 2009.
The Trésor Reserve, extended version. Internal report, Trésor Foundation.
Renske Ek (1960) a fait des études de biologie tropicale à Utrecht. Vers la de fin de ses études, en 1986, elle a grimpé 30 arbres à Saül, en Guyane-française, pour écrire une thèse sur la distribution verticale des épiphytes. Après s'avoir occupé quelques années de l'histoire de la collecte de plantes en Guyane et au Surinam dans le cadre de la Flore des Guyanes, elle a fait, depuis 1992, des recherches de promotion en Guyane sur les effets de la coupe de bois commerciale sur la composition d'espèces de la forêt Greenheart. Depuis 2003, elle s'est établie à son compte, Renske Ek Webdesign & Onderzoek (design Web et Recherches) info@renske-ek.nl
2Fourgassié est un hameau avec e. a. un restaurant et quelques maisons de loisir.
3Un dégrad est un endroit dans la forêt, où un chemin aboutit à une rivière.
4 Gibbs, A.K. & C.N. Barron. 1993. The Geology of the Guyana Shield, Oxford Monographs on geology and geophysics no. 22.
5 1.Placer Trésor est un petit lodge particulier pour l'éco-tourisme.


contenu


Anne Sandbrink est étudiante en
Master Natural Resources Management à l?Université d?Utrecht. Ayant envie de goûter une fois à la recherche tropicale, elle est allé faire un stage dans l?Amazonie bolivienne.
 

De petits arbres de grand âge

Anne Sandbrink

Recherche tropicale en Bolivie
Le 1er août 2008, je volais dans un petit avion vers Riberalta, située dans l?Amazonie au nord-est de Bolivie. Riberalta est un village assez grand avec des maisons en pierre et d?autres en bois, beaucoup de chemins de terre rouge, par où se meuvent bien plus de motos que de voitures, de petits commerces, des marchés, une seule discothèque, et environ 150 bars karaoké.

C?est ici que je ferais, pendant deux mois et demi, des recherches sur le terrain pour mon premier stage Master, sous la direction de Claudia Soliz, qui soutient sa thèse de doctorat à l?Université d?Utrecht. L?objectif du voyage était de recueillir des échantillons de trois espèces d?arbres importants pour l?industrie du bois de la région: ?Morado? (Peltogyne paniculata), 'Mara Macho? (Cedrelinga catenaeformis) et 'Mururé? (Clarisia racemosa).

Nous voulions savoir si les petits arbres juvéniles de ces espèces montrent un rythme de croissance plus rapide après l?abattage de gros arbres dans leur entourage immédiat. Puisque la disparition d?un grand voisin produit tout d?un coup beaucoup de lumière pour les petits arbres autour, on s?attendrait à ce que ceux-ci réagissent par une croissance plus rapide. Pour répondre à cette question nous regarderions les cernes annuels des arbres juvéniles se trouvant à coté d?arbres récemment coupés. Et c?est pourquoi nous nous rendîmes de Riberalta à los Indios, une concession de coupe de bois durable de plus de 3600 hectares.

A la recherche de troncs

De gauche à droite Edmundo (mon aide chercheur), moi, Samuel et Chato. Ensemble nous formions
l'équipe de scieurs et nous nous précipitions sur les picas pour scier nos arbres marqués.
Nous établîmes notre camp à environ sept heures de route de Riberalta, en plein milieu de la forêt. C'était une espèce de cabane au toit de feuilles séchées sous lequel on pouvait monter les tentes, et un ruisseau pour y puiser de l'eau, et pour nous laver nous-mêmes et notre linge. Nous avions une cuisinière avec nous, Maggie, et deux gars, que nous appelions Flaco (le mince) et Chato (le chat) et qui s'occupaient toute la journée de dégager pour nous, à coups de machettes, des layons dans la forêt (picas).

Nous nous levions tôt le matin pour nous rendre en voiture au début d'un pica, où nous nous divisions en trois ou quatre équipes pour aller à la recherche de petits arbres adéquats. La première période de recherches sur le terrain nous étions trois équipes: Claudia, Edwin (étudiant en Master de Riberalta) et moi, chacun avec notre propre aide chercheur. Plus tard une quatrième équipe fut formée: Albert, l'ami de Claudia était venu nous aider.

De jour, nous nous divisions pour aller à la recherche de petits arbres de nos espèces, de diamètres variés. Nos aides chercheurs avaient de vrais yeux d'aigle pour reconnaitre nos espèces, d'une distance de dizaines de mètres ils reconnaissaient parfois une écorce ou une feuille. Parce que nous voulions savoir quelle était l'influence de la coupe d'arbres sur nos petits arbres, il fallait les trouver à des distances différentes d'un gros arbre coupé. Il fallait donc aller à la recherche de troncs. Là où nous étions, il y avait exactement sept ans, un grand nombre d'arbres avait été abattu, et nous partions donc de l'idée que ce ne serait pas un problème de trouver des troncs. Et pourtant des fois on marchait des heures avant d'en trouver une seule. La forêt était vraiment magnifique! C'est incontestablement une expérience unique de pouvoir travailler de cette façon dans une forêt tropicale, de reconnaitre de plus en plus d'arbres, plantes et cris d'animaux.

Pendant les deux premières périodes sur le terrain nous avons sélectionné et mesuré tous les arbres, dont on voulait recueillir des échantillons, la troisième et dernière fois nous collecterions les échantillons. Des arbres plus grands, nous collecterions des carottes extraites à l'aide d'une espèce de vide-pomme énorme, propulsé au diesel. Les petits arbres, on les abattrait à la scie pour obtenir une coupe transversale complète. Pendant cette dernière expédition, notre équipe fut renforcée par Samuel et sa scie à chainette, Flaco et Chato furent rebaptisés de coupeurs de pica en porteurs d'échantillons.

Des fois on a de la chance...
Après plus ou moins deux semaines, nous rentrâmes après une journée de travail: les vêtements salis, les casques sur la tête. Dans l'espoir d'un repas, une douche dans la rivière et une soirée de cartes, mais cela se passa autrement. Une fois arrivés, nous fumes frappés de stupeur en voyant un petit tas fumant sur l'endroit où ce matin encore s'étaient trouvées nos tentes. Un feu innocent allumé par la cuisinière pour brûler les déchets avait changé en un rien de temps en une mer de feu, qui avait entièrement réduit en cendres nos tentes. Heureusement, elle et son fils s'en sont sortis sains et saufs, mais toutes les données recueillies jusqu'alors se trouvaient aussi dans une tente! Il fallait recommencer à zéro. Disons qu'une bonne dose de talent d'improvisation est bien nécessaire pour cette espèce de travail sur le terrain, et au bout de compte nous avons réussi à collecter assez d'échantillons. A Riberalta nous avons fait scier et abraser les rondelles et, bien emballées dans quelques sacs de voyage, nous les avons emportées en Hollande.

Compter les cernes

Une des rondelles emportées du 'Morado', sur laquelle tous les cernes sont marqués et datés (un
trait de crayon tous les dix ans). Ce petit arbre d'un diamètre de 8 cm. n'a pas moins de 104 ans.
photo Anne Sandbrink
A Utrecht, j'ai fixé mon attention sur une des trois espèces d'arbres dont nous avions collecté des échantillons: 'Morado'. Cet arbre, tolérant à l'ombre, et dont le bois est magnifique et lourd, a un cœur pourpre. L'analyse basée sur les cernes annuels d'arbres tropicaux est contestée dans la littérature, parce que beaucoup d'espèces ne produiraient pas un cerne par an (mais quelquefois plus, moins ou irrégulièrement).

Du 'Morado' nous savons qu'il produit chaque an un cerne. Au microscope les cernes sont assez faciles à distinguer. Le bois de cœur est pourpre-violacé, les cernes y sont plus serrés qu'à l'aubier de couleur claire. Parce que l'arbre, en un an, croit parfois seulement un peu d'un seul côté, ne produisant qu'un cerne de ce côté-là, les cernes forment souvent une espèce d'entrelacement.

J'essaie de découvrir et de dater les cernes aussi bien que possible, et de les mesurer ensuite exactement. Ainsi je peux cartographier l'âge et toute l'histoire de croissance des arbres. L'âge de quelques petits arbres s'avère incroyable. En trois centimètres d'aubier il peut y avoir pas moins de cent cernes! Mon cœur de biologiste me fait un peu mal en considérant que j'ai scié tout simplement de petits arbres de plus de cent ans. J'ai presque fini de mesurer tous les cernes sur les rondelles et les carottes. Ensuite je pourrai comparer la largeur des cernes (et par conséquent le rythme de croissance) des derniers sept ans (après la coupe de bois), avec celui d'avant (avant la coupe de bois). J'espère découvrir s'il y a eu une réaction sur la coupe de bois et si cela dépend peut-être de, par exemple, l'âge ou la distance de l'arbre coupé. Je me le demande.

contenu
Nouvelles de la forêt tropicale humide

Garde forestière en congé de maternité


Jean-François Szpigel remplace Charlotte.
photo Richard Kok
Depuis le 20 mars, Charlotte Briand est parti en congé maternité (un tout petit plus tôt qu'il n'était prévu mais tout va bien).
Aussitôt, Jean-François Szpigel a pris son relais jusqu'à son retour. Il va la remplacer poste pour poste en reprenant en charge les dossiers qu'elle suivait. Ce n'est pas un inconnu dans le milieu associatif guyanais. Il a notamment travaillé au sein de l'association Kwata sur le programme de sauvegarde des tortues marines. Métropolitain d'origine, il s'est installé en Guyane en 2001 et s'est toujours impliqué depuis lors dans l'étude et la conservation de la nature. Naturaliste ouvert à toutes les découvertes, il aime plus particulièrement le suivi des amphibiens et des reptiles.
Pour lui, c'est très important d'impliquer autant de gens que possible dans la protection de la nature.


Les parents heureux

Le bébé Trésor est né!

Le 24 avril passé, notre garde forestière Charlotte Briand a accouché d'une adorable petite fille, prénommée Philipine. Tout va bien.

Toutes nos félicitations pour Charlotte et son partenaire Nyls de Pracontal!
contenu

Hans Pfeiffer

Notre éminence grise s'en va!

Interview par Aart de Lang

Hans Pfeiffer, je le connais déjà depuis plus de quinze ans. Pendant de longues années, il était membre du Conseil d'Administration de la Fondation Trésor, dernièrement il était conseiller. Il n'y a pas longtemps qu'il a quitté cette fonction. Conjointement avec un nombre d'autres amateurs de la nature de la première heure, parmi lesquels Vijko Lukkien, Frans de Ruiter, Bert van den Wollenberg, Maarten Rook et Hans Amez, Hans et moi nous avons assisté aux tout premiers débuts de notre cher projet Trésor. Bien que Hans ne soit pas quelqu'un qui se mette à l'avant, il a joué un rôle très important au second plan dans la réalisation de notre projet Trésor, comme une vraie éminence grise.

Nous lui savons gré de son dévouement. Non pas seulement de son rôle dans l'acquisition du terrain, et l'assistance à nos compagnons sur place, mais aussi comme l'expert qui a rédigé le premier plan de gestion pour la réserve. En fait, c'est Hans qui a la plus longue histoire de Trésor de nous tous. Un bref retour en arrière.

Des vacances avec de grandes conséquences
Quand Hans est parti en préretraite en 1993, il nourrissait le désir de visiter une forêt tropicale humide en Amérique-du-Sud. Un ami attira son attention sur la Guyane française, où un hollandais, Joep Moonen, avait mis marche un centre d'éco-tourisme nommé 'Emerald Jungle Village'. Hans écrivit une lettre à Joep et en mars 1993 ça y était. Pour Hans et sa femme Martha leur vœu se réalisa lors de leur visite à Joep, sa femme Marijke et leur fils Bernie. Le paradis de vacances de Joep était en ce temps-là encore vraiment pur. Il n'y avait pas d'électricité, pas d'eau courante. Mais c'étaient justement ces circonstances « primitives » qui rendirent la visite si inoubliable, si paradisiaque. Et la joie de Hans et Martha fut d'autant plus grande parce que Joep non seulement se révéla être un hôte très aimable, mais aussi un connaisseur unique de la flore et faune de la région. Partir en expédition avec Joep dans la forêt humide, c'était une expérience unique. Moi-même aussi, je l'ai souvent expérimenté plus tard. On se sentait toujours en sécurité et en de bonnes mains. Et l'amour de Joep pour la nature s'exprimait en tout. Pas étonnant que Hans et Martha se liassent d'une chaude amitié avec Joep, Marijke et Bernie, une amitié qui persiste jusqu'au jour d'aujourd'hui.

Avocat de la protection
Pendant ces vacances Joep fit connaître Trésor à Hans. En 1991 déjà, Joep avait fait des efforts pour mettre à l'abri la région de Trésor contre la coupe de bois et autres atteintes. Il entra en contact avec le propriétaire: l'Eglise catholique en Guyane française et essaya d'intéresser des instances comme le WWF à acheter le terrain. Sans atteindre le résultat espéré. Un peu déçu, Joep donna son dossier de Trésor à emporter à Hans. Hans si y voyait des possibilités. C'est que son travail au Ministère d'Agriculture avait consisté justement en l'acquisition de zones naturelles pour l'Etat.

De retour en Hollande, il tomba sur Vijko Lukkien et Bert van den Wollenberg des Jardins Botaniques de l'Université d'Utrecht et en ce temps-là le point d'appui du BGCI, Botanic Garden Conservation International. Là Hans plaida pour la protection de Trésor, et avec succès. En 1994, l'Université l'envoya à la Guyane française pour écrire un rapport sur la valeur du site et le prix d'achat. Ainsi Hans était de nouveau en Guyane française du 14 au 18 février, cette fois pour prendre contact, ensemble avec Joep, avec tous les intéressés. Et il y en avait beaucoup; nous en mentionnons quelques-uns: le Maire de Roura, le Préfet, le propriétaire (l'Eglise catholique), l'Herbier (de Jean Jacques de Granville), le DIREN (Ministère de l'Environnement), l'ONF et la Défense (concernant la surveillance). Avec l'évêque, Hans négocia le prix, qu'il sut réduire de 6 millions à 4,8 millions de francs français.

Entre-temps, en Hollande, la Fondation Trésor fut établie (avec Hans comme un des founding fathers); les premières sommes importantes de sponsoring de Biohorma, UNA et SEP avaient été versées, y l'Université se porta garant pour les remboursements. Et ainsi en 1995, Hans se rendit de nouveau en Guyane française, maintenant pour conclure effectivement le marché. L'acte fut passé le 23 janvier, 1995.

La gestion
Pas longtemps après, Hans écrivit sur la gestion : «La végétation n'a nul besoin de gestion. La surveillance n'est pas nécessaire. Trésor n'a jamais été surveillé. Pour l'instant aucun sentier devrait être coupé. Comme abri pour les recherches et études on pourrait envisager de dresser une simple cabane. Si elle est de dimensions restreintes, c'est permis ici. L'eau potable descend abondamment du ciel, la citerne d'antan fonctionne très bien, j'en ai bu pendant des semaines.»

Un peu plus tard encore, Hans rédigea le premier vrai plan de gestion, suivi maintenant par le volumineux Plan de Gestion 2008-2012, qui compte pas moins de 145 pages.

Pour la gestion du site, Hans coopéra étroitement avec Joep Moonen, qui au début travailla comme conservateur et qui a accompli énormément de travail pour nous. En plus de la surveillance des limites, Joep émettait toujours des rapports sur toutes les particularités qu'il avait observé, tant d'homme comme d'animal. L'aménagement du sentier, que Joep réalisa avec Alain Menseau et avec de l'aide bénévole indispensable, était spectaculaire. Vous vous rendez compte ce que c'est que de tracer un sentier sur un terrain si accidenté et de le tailler ensuite et de rendre ce sentier praticable sur environ 1400 mètres, aussi pour les visiteurs qui n'ont plus de très bonnes jambes! Le couronnement du travail fut la construction de notre premier carbet d'accueil, plus tard malheureusement détruit par le feu et entre-temps remplacé par un bâtiment d'accueil en bois un peu plus petit. D'ici les enfants des écoles primaires des environs peuvent faire la connaissance de la forêt tropicale humide et visiter le sentier.

Une héritage de grande envergure
Si je demande à Hans qu'est-ce c'est qui lui a donné la plus grande satisfaction dans ce projet, il signale notamment l'élan donné par notre initiative. Comme première « Réserve Naturelle Volontaire », notre projet Trésor a donné une impulsion à la création de Réserves naturelles nationales ou régionales en Guyane française sur des aires beaucoup plus étendues.
Le site d' initialement 2400 hectares est maintenant devenu une réserve de plus de 4000 hectares et en Guyane française plus d'un million d'hectares de forêt tropicale humide sont actuellement protégés. Et cela est dû en partie au dévouement de notre éminence grise, Hans Pfeiffer. Véritablement une héritage de grande envergure! Nous espérons que Hans et Martha se délectent encore pendant beaucoup d'années, en bonne santé et avec des sentiments de satisfaction et gratitude, à se rappeler cet accomplissement.

C'est grâce à des volontaires comme Hans, qui se dévouent, corps et âme, à la nature, que Trésor peut continuer. Voulez-vous aussi apporter votre pierre à l'édifice? Il y a toujours de tout à faire. Faites-nous parvenir vos suggestions par mail ou lettre. Votre participation est très appréciée.


Vijko Lukkien remet à Hans Pfeiffer la version hollandaise, récemment achevée, du plan de gestion.
Le premier plan de gestion, établi par Hans il y a plus de dix ans,
comptait trois pages. Maintenant il y en a 145.

Le président de la Fondation Trésor, Lodewijk de Geer, entre Hans et Martha Pfeiffer, lors de la réunion d'adieu de Hans en tant que conseiller
de la Fondation.


Sitemap | Auteurs | Webmaster | ©2009 Fondation Trésor