Chercher  Home
Fondation Trésor Utrecht

vorige
nummer volgende 
nummer

numéro 24, avril 2008 (extrait)

Contenu
inhoudsopgave

1-Dans le véhicule Trésor, le bateau et le moteur sont
transportés pour la mission d'inspection sur l'Orapu.

Visite de travail à la réserve Trésor

Vijko Lukkien

Du vendredi 29 février jusqu'au samedi 8 mars 2008
A la suite du voyage des donateurs de notre Fondation au Surinam et à la Guyane française en février de cette année, nous avons effectué, comme d'habitude, une visite de travail à nos collaborateurs de l'Association Trésor et évidemment à la réserve-même. La visite s'inscrivait dans le contexte du succès énorme que les membres de l'Association Trésor et d'autres écologistes français et hollandais avaient obtenu très récemment dans notre région en Guyane française.

De grandes nouvelles
Le jour où nous quittâmes la Hollande, nous avions déjà appris, que le gouvernement français avait interdit l'exploitation d'or dans la région de Kaw. C'était contre les espérances de beaucoup, qui ne croyaient plus que le vent pourrait tourner pour le géant aurifère Cambior. C'est qu'entretemps l'entreprise avait déjà les permis écologiques dans sa poche.

Des années durant, ceux à qui la chose touchait de près, ont soigneusement avancé des arguments contre l'orpaillage. Cette interdiction-ci signifie maintenant que les pentes sud du Montagne de Kaw, attenantes à la réserve Trésor, seront conservées. La menace d'une mine ouverte d'une profondeur de 150 mètres couvrant une grande partie de la forêt vierge actuelle et avec du bruit et de la lumière pendant la nuit et le jour, a été parée avec succès.

La zone en question a une superficie considérablement plus étendue que la superficie de la réserve Trésor et une richesse biologique égale. Celle-ci consiste d'une biodiversité, que nous avons cartographiée pour Trésor, après des recherches de plusieurs années, ensemble avec les assistants de l'herbier d'Utrecht, des scientifiques français et les membres de l'Association.

Et ce qui est encore plus important: ce sont justement ces données de recherches qui ont joué un rôle décisif dans le processus décisionnel du gouvernement français, où l'on a donné la préférence à la nature au détriment de l'or. Une décision politiquement lourde dans un département d'outre-mer français, où les 300 emplois déjà prévus dans la mine d'or ne seront plus disponibles.


2-Enlèvement des arbres "dangereux" lors du Mayouri
du dimanche.

3-La crique Favard. Celle-ci sera fermée pour bateaux
de plaisance afin de protéger les savanes.

Conséquences pour la population locale

Tant les membres de l'Association Trésor comme les organisations de la Guyane française, avec lesquelles nous collaborons très étroitement depuis des années, comprennent par trop les implications sociales de cette décision pour la population locale.

Pendant notre visite de travail nous avons traité dans le détail ce sujet avec e. a. le WWF Guyana, l'ONF et les membres du Conservatoire du Littoral (CdL). La question centrale étant: "Comment pouvons nous en tant que protecteurs de la nature contribuer à des développements permettant la formation de revenus pour la population locale, p. ex. par des programmes de récréation et écotourisme dans la région?"

Elargissement de la réserve Trésor
On peut le dire maintenant, l'initiative Trésor, commencée il y a plus de 10 ans, s'avère être un projet de protection de la nature effectif, grâce à votre soutien comme donateur, à la collaboration des collègues formidables en Guyane française et aux chercheurs scientifiques de beaucoup de pays.

Car, en effet, sous peu la réserve Trésor sera agrandie officiellement, en collaboration avec le CdL, avec presque 1500 hectares (on n'attend plus que le classement administratif à Paris) et Trésor a joué un rôle important, si non décisif, en ce qui concerne la prévention de la destruction par l'orpaillage d'une zone beaucoup plus grande.

Merci beaucoup et félicitations à tous qui y ont participé, directement ou indirectement, et nous tous pouvons être bien fiers du résultat obtenu.


4-Charlotte Briand : Education à la nature et
l'environnement en la pratique.

5-Lors de l'Assemblée Trésor, Vijko et Pipasi sont
mis au courant par Kévin.
Nouveau bureau et pluie battante

Beaucoup d'autres affaires ont été mis sur le tapis pendant cette semaine et lors des réunions, comme le Plan de Gestion (2007-2011), achevé entretemps, pour la réserve et nous avons pu admiré les écriteaux neufs quei seront placés le long du sentier de Trésor. La plupart des réunions ont eu lieu évidemment dans le nouveau bureau de l'Association, Route de Montabo à Cayenne. On loue ce bureau, qui est situé dans une maison où d'autres organisations de protection de la nature sont hébergées aussi.

Et en plus nous avons pu participé aussi à toutes les activités projetées dans la réserve et ainsi nous avons assisté une fois de plus aux activités quotidiennes de nos gardes forestiers Kévin Pineau et Charlotte Briand, ceci souvent sous une pluie battante, propre au temps de l'année.

Baguage des oiseaux
Ainsi, pendant le premier fin de semaine de notre visite, nous avons participé pendant une journée (samedi, le 1 mars) au baguage d'oiseaux dans la réserve Trésor, avec M. Gijs van Tol et beaucoup de bénévoles. Ceci dans le cadre d'une étude, commencée en 2007, sur la composition et la dynamique des populations d'oiseaux du sous-bois. M. van Tol, qui était venu expressément pour cette étude de la Hollande, a écrit un rapport de la journée pour ce numéro de Trésor.

Mayouri
Dimanche le 2 mars nous avons pu participé à un Mayouri, lors duquel le terrain à bâtir a été préparé pour la construction du centre d'accueil neuf de Trésor (photo 2) à nouveau avec l'aide de bénévoles. En tout cinq arbres ont été enlevés, qui étaient sur le bord d'un escarpement et qui étaient partiellement abimés par le feu et formaient de ce fait un danger (de tomber) pour la construction neuve. La construction commencera d'un moment à l'autre, ou a déjà commencé. Cela ne dépend plus que du calendrier de l'entrepreneur.

Mission d'inspection sur l'Orapu

6-Topobea parasitica Aubl., une nouvelle découverte
dans la réserve Trésor.
Photo Gijs van Tol
Mercredi le 5 mars nous avons participé, avec Kévin Pineau, à une mission d'inspection sur le fleuve Orapu le long de la frontière sud de la réserve (photo 3).

C'était une journée magnifique et heureusement nous n'avons pas trouvé de perturbations. Lors de la promenade Kévin nous a expliqué comment le balisage sera posé le long du fleuve et quelles criques seront fermées pour le public, pour pouvoir protéger bien e. a. les savanes très fragiles.

Lors de la mission nous avons pu collectionné du matériel d'une Melastomatacea en forme de liane avec de belles fleurs (photo 6), qui n'avait pas encore été repérée dans notre réserve. Il s'agissait d'un représentant du genre Adelobotrys. Nous avons ajouté du matériel de la plante à la collection Trésor, placée dan l'Herbier de Cayenne.


7-Littéralement au bord de la route
de la réserve, nous trouvons cette
magnifique orchidée, Cleistes rosea Lindl.
Photos: Kévin Pineau/Charlotte Briand.
Assemblée annuelle de l'Association

Jeudi le 6 mars à la fin de la journée nous étions invités à assister à l'assemblée annuelle (la grande Assemblée) de l'Association Trésor (photo 5). Tous les membres de l'Association étaient présents et aussi M. Burle, représentant de notre partenaire de coopération en Guyane française, le Conservatoire du Littoral.

Le conseil d'administration de l'Association fut élu, resp. réélu pour l'année administrative. Heureusement tous les membres restent disponibles et le conseil d'administration sera augmenté avec Mme (Isabelle) Delafosse, secrétaire, qui prendra la relève de Charlotte Briand (notre nouvelle garde forestière).

Comptes annuels et rapport annuel 2007 ont été expliqués et Kévin a donné une présentation Powerpoint des activités de 2008. Surtout l'ambiance à la fois professionnelle et agréable a fait de cette réunion un élément très utile de notre semaine de travail.

Pour finir nous voulons remercier de tout cœur tous les membres de l'Association (Olivier Fortune, Olivier Tostain, Elodie Gault et Isabelle Delafosse) et, évidemment, Kévin Pineau et Charlotte Briand pour l'accueil et la collaboration fantastiques lors de notre séjour.

inhoudsopgave

Marjan de Vries - Vonk a participé
au cours HOVO sur la nature et la
culture du Surinam et de la Guyane
française en préparation au voyage
des donateurs 2008.

Cours sur le Surinam et la Guyane française

Marjan de Vries - Vonk

Déjà au printemps 2007 je me suis inscrite pour un voyage au Surinam et à la Guyane française, qui aurait lieu au mois de février 2008. Ce voyage est offert par Hovo à Utrecht. Le programme me donne l'eau à la bouche. Nous allons voir beaucoup de paysages différents, la forêt tropicale humide et nous rencontrerons des représentants d'une autre culture et d'une autre histoire.

Le voyage est précédé d'un cours de quatre jours. Pendant ce cours trois aspects importants de la culture et de la nature du Surinam et de la Guyane française sont traités. La première fois que je me rend à Utrecht, ma curiosité est excitée. Le cours est donné dans une salle proche des serres tropicales de l'Uithof à Utrecht. Un bon endroit pour un des sujets. Ici poussent les différentes espèces végétales évoquées dans la salle de cours. Le cours donne beaucoup d'information, avec toutes sortes de détails. Pour cet article-ci une petite sélection a été faite.

La biodiversité et la forêt tropicale humide
Vijko Lukkien commence par un passé lointain. Il y a plus de 160 millions d'ans, les cinq continents actuels formaient un seul supercontinent, Pangée. Ce supercontinent se fragmente et les parties se séparent. De ce fait beaucoup plus de zones côtières apparaissent et en conséquence il y a plus d'interaction entre la mer et la terre. Les continents nouvellement formés dérivent un peu vers les pôles terrestres. C'est l'origine des zones climatiques. Les deux processus ont des conséquences énormes pour le développement de la végétation. Des adaptations à la nouvelle situation surgissent. Le glissement continental est donc une des causes de la biodiversité.

C'est dans la forêt tropicale humide que la biodiversité est la plus élevée. Cela est lié à la température et à la pluviosité. La forêt tropicale humide de l'Amérique du Sud est, à son tour, la plus riche en espèces. Dans la région "Trésor" il y a plus de 165 espèces d'arbres différentes sur un seul hectare! La particularité de la forêt tropicale humide au Surinam et en Guyane française est qu'elle est située exactement sur un des rares endroits de la terre où la roche originelle du supercontinent Pangée est toujours là et est proche de la surface. Vijko raconte avec enthousiasme. On pose des questions, le groupe est fasciné. Je m'étonne de ce qu'on sache encore si peu de la forêt tropicale humide. Il faut encore inventorier en partie les plantes et les animaux présents. Il y a des relations connues, d'autres supposées.

C'est amusant d'apprendre aussi quelque chose sur notre propre nature boréale (= du nord). Une différence importante entre les plantes et les arbres boréaux et tropicaux est que les graines des premiers gardent leur pouvoir germinateur pendant beaucoup de temps, quelquefois des siècles: en attendant un moment opportun. Ceci contrairement aux graines tropicales, qui n'ont qu'une courte période de pouvoir germinateur. Les graines tropicales tombent presque toujours dans un milieu chaud et humide. Elles n'ont pas besoin d'attendre des circonstances favorables.

La pollinisation et la dissémination
Le succès des plantes à fleurs est dû à la pollinisation et dissémination des graines. Pour les deux actions les plantes ont développé des organismes souvent compliqués, dans lesquels les insectes et mammifères jouent un rôle important. Il y a des fleurs qui choisissent une solution simple: les étamines mûrissent sont plus tôt que le stigmate de la même fleur, et puis c'est le vent qui fait le travail. D'autres plantes ont développé d'ingénieuses pièges à insectes. Le pollen d'une fleur tombe immanquablement sur le dos de l'animal, qui le remet à son tour à la fleur suivante. Et les fleurs font tout pour attirer les insectes: du nectar doux, et des formes et couleurs magnifiques. La pollinisation par les chauves-souris est captivante. Les fleurs pendent librement, autrement l'animal ne peut pas les trouver dans l'obscurité. La couleur n'est pas importante dans ce cas. La chauve-souris se dirige au radar et se sert de son sens de l'odorat, pas de la richesse de couleurs. Il semble que la nature ne met de l'énergie que dans les choses qui sont indispensables pour survivre.

L'histoire et la population
Jusqu'au milieu du siècle XIX, la canne à sucre était, sans parler du miel, la seule source de sucre. C'était un produit cher, mais très demandé et le raffinage était lucratif. Amsterdam était un port de transit important. En passant par le Portugal, le sucre non raffiné était importé du Brésil, et le raffinage avait lieu en Hollande. Au début de la guerre de 80 ans l'Espagne interdit le commerce avec le Portugal. Et alors la Hollande alla à la recherche de terres où l'on pouvait cultiver la canne à sucre. Dès le commencement on avait l'intention d'y employer des esclaves africains. Wim Hoogbergen, anthropologue culturel, raconte l'histoire du Surinam et notamment de la période à partir de 1667, quand les Zélandais conquirent le pays, jusqu'à l'indépendance.

La vie des esclaves sur la plantation était dure. Ce n'est pas étonnant qu'il y eût des tentatives d'évasion. Les esclaves qui étaient assez forts et courageux, se réfugiaient dans la forêt. Les esclaves fugitifs sont appelés les Marrons. Ce n'était pas facile de rester en vie dans la forêt. Aussi les Marrons attaquaient régulièrement les plantations, s'emparant d'outils, de femmes et de nourriture. L'histoire du Surinam traite en grande partie des groupes d'esclaves fugitifs, du dépistage des assaillants et de la prévention de nouveaux pillages. Ces histoires ne se trouvent pas dans les livrets d'histoire hollandais, mais pour nos compatriotes d'alors c'était la réalité quotidienne. Si l'on n'arrive pas à arrêter les pillages, on choisit de conclure des accords avec les Marrons. Ils promettent de ne plus faire de pillages. En contrepartie ils reçoivent régulièrement des outils et d'autres produits de première nécessité. Les Marrons d'aujourd'hui, qui vivent toujours en partie dans les villages en amont du fleuve, sont les descendants de ces esclaves fugitifs. Wim raconte avec l'aise de quelqu'un qui domine le sujet totalement. Son histoire est supportée par une présentation PowerPoint.

Un autre groupe, beaucoup plus grand, de Surinamiens est formé par les Créoles. Eux aussi sont des descendants d'esclaves, mais de ceux qui ont été rédimés ou libérés en 1863, lors de l'abolition de l'esclavage. Les Créoles ont souvent la peau plus claire. Ce sont des descendants de planteurs blancs et de leurs maîtresses noires. Après l'abolition de l'esclavage, on avait toujours besoin de travailleurs pour les plantations. Au début on engagea des Hindoustani de l'Inde, ensuite on recruta pour ce travail des Javanais. Entre-temps les plantations n'avaient plus le vent en poupe financièrement, et on avait besoin de moins en moins de travailleurs. Maintenant il n'y a plus une seule plantation en fonctionnement.
Dans le Surinam actuel nous trouvons les Javanais dans l'agriculture sur petite échelle. Les Hindoustanis ont acquis, eux aussi, une bonne position. La population originelle, les indigènes, apparentés aux Indiens de l'Amérique-du-Sud, ont le moins de possibilités. Leur culture est menacée par les tentations occidentales de Paramaribo.

Je recommande vivement le cours sur la forêt tropicale et l'histoire du Surinam. Les élèves reçoivent beaucoup d'information sur un pays que a été lié longuement avec la Hollande et sur cette fascinante forêt tropicale humide, un sujet qui est au centre de l'intérêt.



inhoudsopgave

Des secrets de l'armoire à pharmacie de Trésor

Tinde van Andel


Coutoubea ramosa var. racemosa, utilisée
beaucoup par la population locale, mais
scientifiquement encore incomprise.
Photo Hendrik Rypkema
La forêt tropicale humide de la réserve Trésor abrite une flore très variée. Bien qu'on n'ait pas encore étudié les plantes médicinales de la réserve, l'inventaire botanique de Renske Ek et autres donne une bonne idée du trésor médicinal de Trésor. Les forêts et les savanes de la réserve abritent un grand nombre de plantes dont l'effet médicinal a été prouvé. Il y a également beaucoup de plantes qui sont utilisées par la population guyanaise, mais dont l'effet pharmacologique n'a jamais été étudié. La région autour de Trésor n'est pas densément peuplée. A l'exception des touristes, scientifiques et quelques chasseurs et braconniers, l'influence de l'homme y est peu importante. Les chasseurs, cueillent-ils des fois aussi des herbes officinales? Est-ce que le statut de réserve naturelle offre assez de protection pour des plantes médicinales rares?

Des questions qui, pour le moment, restent sans réponse. Mais nous pouvons quand même aller voir un peu ce qu'il y a dans l'armoire à pharmacie de Trésor, et voir de plus près un nombre de plantes médicinales connues. Je soulèverai aussi un coin du voile des utilisations jusqu'à présent inconnues de la flore présente à Trésor.

Geissospermum sericeum, connu en Guyane française sous le nom de "Maria congo" et comme "bergi bita" au Surinam, est un arbre de la forêt primaire humide dont le lait végétal blanc est abondant et qui a l'écorce très amère. On fait cuire l'écorce ou on fait une infusion d'alcool que l'on la prend pour prévenir ou guérir la malaria. Des scientifiques français ont découvert en 2005 que les feuilles et l'écorce de cet arbre de la famille des Apocynaceae étaient réellement effectives contre le parasite de la malaria.

Des amers aux herbes aromatiques à base d'alcool sont très populaires aux Guyanes, surtout parmi la population créole. Les ingrédients sont d'une grande variété, et les recettes varient par région. Les composants essentiels sont toujours des écorces amères, des bouts de bois, des grains de maïs brulées et des fruits de l'arbre Xylopia (que nous trouvons aussi à Trésor). Souvent il y a aussi des grains d'anis pour masquer un peu le goût amer. Surtout les hommes raffolent de ces amers parce qu'ils rehausseraient la puissance sexuelle et préviendraient la malaria et les ulcères de la peau. Au marché de Saint Laurent de Maroni et de Cayenne, on vend une grande variété d'amers aux herbes aromatiques, pour un euro le verre. Très bon pour la santé selon les vendeurs. Leur popularité est probablement aussi due au fait que sous le couvert de "se soigner la santé" , on peut prendre son premier verre dès le matin de bonne heure …


Un amer à la vente sur la plage de Saint Laurent du Maroni.

Danse rituelle pour les esprits Winti au Surinam. La personne
en blanc est possédée par un esprit Kromanti. Devant les
pieds des musiciens il y a des plantes Costus par terre.
Le nom de l'ensemble (Sangrafiu) signifie aussi Costus.
Photo: Tinde van AndelPhoto Hendrik Rypkema

Coutoubea ramosa var. racemosa est une herbacée de Trésor de la famille des Gentianaceae. Elle est connue comme "centaurée rouge de Cayenne", tandis que les Surinamiens l'appellent "lokosi bita". On utilise la plante en Guyane française, au Brésil et au Surinam contre la malaria, le mal au ventre, les vers intestinaux et les douleurs menstruelles. Bien qu'on ait trouvé beaucoup de substances actives dans Coutoubea, le fonctionnement exact reste encore en grande partie un mystère.

Et puis il y a à Trésor les plantes qui sont d'une grande valeur pour la population locale, mais reste à savoir si le monde occidental comprendra jamais quoi que ce soit de leur effets. Les différentes espèces du genre Costus (à Trésor il y en a cinq) sont considérées sacrées au Surinam et en Guyane française. Les Marrons, descendants d'esclaves fugitifs qui vivent principalement dans l'arrière-pays, considèrent Costus comme un arbuste sacré. Probablement cela prend son origine en Afrique occidentale, où d'autres espèces de Costus sont utilisées aussi dans des rites animistes. Le nom indigène, "canne Congo" , indique que la tige en vrille était déjà connue en Afrique avant que les esclaves fussent transportés à l'Amérique du Sud.

Selon un guérisseur traditionnel du Maroni, tous les esprits des bois raffolent de Costus. Les feuilles, à odeur de gingembre, sont utilisées souvent dans des bains rituels aux herbes: pour disposer favorablement les dieux, pour apaiser les gens et pour solutionner des problèmes avec les ancêtres. Les plantes Costus sont plantées autour des autels et étalées par terre lors des danses culturelles. Dans quelques communautés traditionnels de Marrons, les morts sont enterrés avec dans leur main une fleur blanche de Costus. Les esprits accompagneront le défunt pendant son voyage à l'au-delà. Pour les entreprises pharmaceutiques à la recherche de médicaments neufs de la forêt tropicale humide, ce genre de coutumes n'est pas intéressant. Mais pour le maintien de la culture unique des habitants des forêts primaires des Guyanes, elles sont cruciales.

Au Surinam et à Cayenne les plantes médicinales font l'objet d'un commerce soutenu. Surtout les herbes magiques sont très demandées. Quelques-unes deviennent déjà rares par la récolte commerciale. La réserve Trésor peut offrir de la protection aux plantes médicinales rares et en même temps fonctionner comme une "école vivante" où des gens puissent apprendre et discuter du rôle de ces plantes dans leur culture.

Tinde van Andel est ethnobotaniste et postdoc à l'Université d'Utrecht. Elle fait des recherches pour l'Herbier National des Pays-Bas sur l'utilisation de plantes médicinales surinamiennes, tant au Surinam comme en Hollande. Le contenu de cet article est basé en grande partie sur des œuvres publiées récemment :

Andel, T.R. van, Behari-Ramdas, J., Havinga, R.M and S. Groenendijk. The Medicinal Plant Trade in Suriname. 2007. Ethnobotany Research and Applications 5: 351-373.

Andel, T.R. van and C.I.E.A. van 't Klooster. 2007. Medicinal plant use by Surinamese immigrants in Amsterdam, the Netherlands: results of a pilot market survey. In: A. Pieroni and I. Vandebroek (eds.), Travelling cultures and plants. The Ethnobiology and Ethnopharmacy of Human Migrations. Berghahn Publishers, New York, pp. 207-237.

Groenendijk, S. 2007. Winti practices in Bigiston, Suriname. MSc Thesis, Universiteit Utrecht.

Pour de plus amples renseignements: http://osodresie.wikispaces.com




inhoudsopgave

Pipasi Jeurissen: "Trésor signifie vraiment quelque
chose pour la société guyanaise"

Une personne chaleureuse, généreuse et sociable entourée d'une petite auréole verte.

Interview par Aart de Lang


Nous parlons de Pipasi Jeurissen, femme de Vijko Lukkien, depuis des années un exemple rayonnant de l'adage "derrière chaque grand homme, se cache... une femme! "Depuis le tout premier voyage des donateurs elle accompagne Vijko lors de ses voyages et visites de travail à la Guyane française. Si c'est Vijko qui trace les grandes lignes, qui prend les devants et qui est la force motrice derrière beaucoup d'activités et de projets de Trésor, Pipasi par contre est de préférence la personne invisible dans la coulisse, qui élabore les rapports des discussions, organise, fait un pansement, met un sparadrap, mais qui également aplanit les difficultés et qui, avec sa personnalité affable, sa serviabilité et son amabilité, joue un rôle substantiel. Qu'on la laisse fonctionner au second plan, elle n'a pas tellement besoin de dominer le devant de la scène. Mais sans sa ferveur énorme, tout au long des années, notre beau projet Trésor ne serait pas devenu ce que c'est maintenant.

Elle quitte son emploi
Il en est peu qui sachent que Pipasi, un jour, a simplement pris son congé et qu´elle s´est engagée ensuite comme bénévole a plein temps pour Trésor. Que ce soit l'administration des donateurs ou le contact par téléphone avec ceux-ci, la mise au point des certificats cadeaux (en hollandais, anglais et français!), la mise à jour de nos archives considérables, la logistique concernant la production de Trésor Nieuws, les contacts avec les traducteurs (des bénévoles aussi!) qui traduisent à longueur de l'année des pièces du français en hollandais, ou vice-versa, l'organisation des journées des donateurs et le voyage annuel des donateurs et tout le travail qui en résulte, la préparation des visites de travail et la poursuite des entretiens, les contacts, ensemble avec Vijko, avec le WWF et l'expédition administrative des accords obtenus, la préparation et l'envoi de l'énorme paperassière formée par les pièces des réunions du conseil d'administration, ou les contacts avec les nôtres en Guyane française, on a beau se creuser la cervelle, mais Pipasi y contribue. Jusqu'à ce qu'elle arrivât à s'occuper sept jours par semaine de Trésor. C'était trop. C'est pourquoi elle ne s'occupe maintenant "plus que" deux ou trois jours par semaine de Trésor. Il y a d'autres choses qui demandent son attention.


D'autres activités
Ainsi elle a travaillé, à la demande de l'Université, ensemble avec Vijko, à la mise au point de projets d'enseignement, pour encourager p. ex. des enfants de quatre à dix-huit ans à prendre connaissance de la nature hors des murs de la salle de classe. Pipasi est mère de trois enfants et depuis peu aussi grand-mère. Elle suit un cours d'accompagnements des mourants, elle se dépense pour les soins terminaux à domicile par bénévoles, elle travaille bénévolement dans un hospice et un hôpital de long séjour. Toutes des activités qui exigent beaucoup de quelqu'un autant physiquement que mentalement et émotionnellement. Mais Pipasi est une personne chaleureuse et elle fait tout cela avec amour et compassion. La même amour et la même compassion pour les gens la poussent dans son travail pour Trésor. Oui, les gens avant tout dans sa vie. Ensuite l´amour et les soins pour la nature. Donc une personne chaleureuse, généreuse et sociable avec une petite auréole verte.

Mayouri
Comme peu d´autres, Pipasi voit de très près ce que notre projet Trésor rend en termes d´ engagement humain et de coopération. A peine de retour du voyage des donateurs 2008 et de la visite de travail y faisant suite, elle raconte avec enthousiasme du phénomène "mayouri": de petits projets, lancés et réalisés par des bénévoles. Trésor en Guyane française, existe par la grâce de ce genre de groupements, où des bénévoles de différentes disciplines et des groupes écologistes relèvent le défi de mettre sur pied des choses. A son tour, Trésor crée les facilités et les conditions connexes au sein desquelles ces amateurs de la nature et ces scientifiques puissent faire leur travail.

Pipasi: "Ainsi nous avons participé à une étude ornithologique à Trésor. Plein de gens que je n'avais jamais vus. Tous se rencontrèrent bénévolement dans un mayouri pour peser et baguer des oiseaux, pour un inventaire de leur habitat et la migration. Mais un mayouri semblable fut organisé aussi pour enlever quelques arbres abimés par l'incendie, sur l'endroit où sera construit le carbet. On pourrait bien sûr faire venir une entreprise avec des machines. Ce serait le plus simple. Mais cela coûte beaucoup d'argent. Alors les nôtres ont organisé un mayouri. On demande simplement aux gens: "Venez nous aider!" Et de partout ils accourent pour nous aider. Quelques 10, ou 12 personnes en sont venues au bout. C'est enthousiasmant, vraiment sensationnel. En tout on peut puiser d'un réservoir de 60 à 100 bénévoles. Sur une population de 150.000 je trouve que c'est un nombre impressionnant. Ce sont tous des idéalistes. D'observer ce dynamique de groupe me fascine énormément. Et si j'écoute Charlotte (notre deuxième garde forestière), racontant avec beaucoup d'enthousiasme qu'elle a donné une conférence pour tous les professeurs de la région, et que ces enseignants étaient vraiment enthousiasmés, et qu'ils aimeraient faire une visite guidée avec leurs élèves, mais, zut, ils ne peuvent pas organiser le transport, à ce moment-là je pense: "Pourquoi il n'y a personne qui organise un autobus, pour que tous ces enfants viennent visiter une fois notre réserve? Parce qu'elles veulent bien, ces écoles!"

Fière de nos donateurs
"Nous signifions vraiment quelque chose pour la société de là-bas. Tous ces groupes d'amateurs de la nature, qu'ils étudient les oiseaux, les mygales, les chauves-souris ou les plantes, ils n'ont pas d'endroit, pas de place où passer la nuit dans la forêt. Ce genre de possibilités, c'est Trésor qui peut les leur offrir. Une région pour faire des recherches de la nature soigneusement et avec respect. Un carbet qui bientôt sera là à nouveau, où l'on peut passer la nuit et où l'on voit même depuis la terrasse la canopée des arbres.

Si on voit ce que nous signifions pour la nature et pour les gens de là-bas, moi je pense que nos donateurs ne se réalisent pas encore assez combien c'est important ce qu'ils font, et que l'argent qu'ils donnent arrive vraiment à sa place. Un exemple. Maintenant que l'exploitation d'or a été défendue dans la région, le WWF veut établir une déclaration d'intention ensemble avec nous, où Trésor prend l'initiative de présenter toute la région de Kaw, y compris Trésor, comme futur Parc National. De cette façon la protection des zones pas encore protégées de la région de Kaw (qui étaient en possession de Cambior, l'entreprise minière) pourrait être assurée et les autorités françaises pourraient également apporter leur tribut financier. Voyez ça, ce genre d'initiatives, ce genre de reconnaissance y est maintenant pour Trésor, aussi grâce à l'appui de nos donateurs!"


inhoudsopgave

Colophone

Trésor nieuws
Trésor Nieuws est le bulletin d'information de la Fondation Trésor.
Trésor Nieuws paraît 4 fois par an.
La version imprimée (en néerlandais) est envoyée gratuitement aux donateurs de la Fondation Trésor.

Rédaction
Vijko P. A. Lukkien et Eric Augusteijn

Adresse de la rédaction
Vijko P.A. Lukkien

Boîte postale
Téléphone
Fax
Adresse électronique

N°. de compte en banque   
80084, 3508 TB Utrecht, Hollande
+ 31 30 253 74 36
+ 31 30 251 83 66
bio.tresor@uu.nl
78.47.36.618 au nom de Fondation Trésor, Utrecht
IBAN: NL44 TRIO 0784736618
BIC: TRIONL2U -Triodos Bank, Zeist NL
Si vous payez sur Internet, veuillez mentionner votre nom et adresse.

Sur l'adresse cité ci-dessus vous pouvez aussi demander des mètres carrés d'adoption et des certificats cadeaux.
En cas de déménagement, veuillez notifier le changement d'adresse à la même adresse.

Website
http://www.tresorrainforest.org
Webmaster: Eric Augusteijn, eric.aug@bigfoot.com

K.v.K.
41187239






Sitemap | Auteurs | Gestionnaire du site internet | ©2007 Fondation Trésor